Libye: l'UA pousse pour une solution négociée, Tripoli s'y dit "prêt"

25 mars 2011 à 17h58 par La rédaction

ADDIS ABEBA (AFP)

Le régime libyen s'est dit prêt vendredi "à mettre en oeuvre" un plan de l'Union africaine pour mettre fin aux hostilités en Libye qui propose cessation des combats et ouverture d'un dialogue entre Libyens en préalable à une "transition" démocratique.

"Nous sommes prêts à mettre en oeuvre la feuille de route envisagée" par le Comité de l'UA sur la Libye (...)", ont affirmé les membres d'une délégation officielle libyenne à une importante réunion de l'UA organisée au siège de l'organisation pan-africaine à Addis Abeba.

Les représentant du colonel Mouammar Kadhafi ont affirmé ainsi accepter le principe de "l'adoption et la mise en oeuvre d'une politique qui répond aux aspirations du peuple libyen de façon pacifique et démocratique".

Réunie à huis-clos depuis vendredi matin, l'UA, qui a déjà exprimé à plusieurs reprises son opposition à l'opération militaire internationale en cours sur le sol libyen, tente de trouver une issue négociée à la crise.

La délégation gouvernementale libyenne est conduite par le Secrétaire général du Congrès général du peuple, Mohamed Abou el-Kassim Zouaï, accompagné de quatre ministres.

Aucun délégué de la rébellion libyenne n'est présent.

"La Libye s'engage à un cessez-le-feu, et la communauté internationale devrait imposer la même obligation aux autres parties" en conflit, ont dit les représentants du colonel Kadhafi, dont le discours a été transmis à la presse en début de soirée.

"Le gouvernement s'engage également à accepter une mission de vérification du cessez-le-feu par l'UA", ont-ils affirmé.

Le régime demande en contrepartie "la cessation des bombardements aériens", la "levée" du blocus naval et de l'embargo économique.

"Ce qui se passe aujourd'hui en Libye est un problème strictement africain qui ne peut être réglé que par la seule Union africaine", selon les délégués de Kadhafi: "avec l'aide de l'UA et sous ses auspices, les Libyens sont capables de résoudre leurs problèmes pacifiquement".

La rencontre se poursuivait dans la soirée.

Elle a pour but de "rechercher les voies et moyens d'une sortie de crise rapide en Libye" et se base sur une "feuille de route" élaborée par le comité de cinq chefs d'Etat de l'UA spécialement mis en place au lendemain des frappes aériennes lancées en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU destinée à protéger les civils libyens.

Cette "feuille de route" se veut "à la fois réaliste et adéquate", "dans le respect de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale de la Libye et dans celui des aspirations légitimes du peuple libyen", selon le président de la Commission de l'UA, le Gabonais Jean Ping, qui n'en a pas révélé tous les détails.

Elle doit aboutir à "la mise en place et la gestion d'une période de transition (...) qui devra déboucher sur l'élection d'institutions démocratiques", selon M. Ping.

Avec un cessez-le-feu immédiat, la mise en place de corridors humanitaires et de mesures de "protection" des étrangers (notamment des migrants sub-sahariens), elle prévoit "l'adoption et la mise en oeuvre des réformes politiques nécessaires pour l'élimination des causes de la crise actuelle".

"L'UA a constamment souligné la légitimité des aspirations du peuple libyen à la démocratie", a réaffirmé Jean Ping vendredi, en réponse aux critiques qui jugent l'organisation trop proche du Guide de la révolution libyenne.

La Libye est l'un des principaux bailleurs de fonds de l'UA, créée créée formellement en 1999 par la déclaration de Syrte, ville natale du dirigeant libyen.

Dans ses efforts pour ramener la paix en Libye, l'UA "entend inscrire son action dans le cadre d'un partenariat avec tous les acteurs internationaux concernés", a souligné M. Ping.

Mais "en dernière instance, c'est aux Libyens qu'il appartiendra de définir, par le dialogue, la meilleure voie à suivre pour réaliser leurs aspirations", selon le président de la Commission de l'UA.