Maroc: manifestations prévues malgré l'interdiction des autorités

Par La rédaction

RABAT (AFP)

Des manifestations sont attendues dimanche dans plusieurs villes du Maroc à l'appel du Mouvement du 20 février pour réclamer davantage de démocratie, malgré l'interdiction des autorités.

"Nous sortons dans la rue aujourd'hui pour exiger le droit à manifester pacifiquement, et pour soutenir le Mouvement du 20 février dans ses revendications démocratiques", a déclaré à l'AFP Abdelhamid Amine, membre du Comité de soutien au Mouvement.

A Rabat, les forces de l'ordre se sont déployées tôt dans la matinée dans les principales rues du centre-ville, où une manifestation pacifique était prévue vers 10h00 GMT, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le ministère de l'Intérieur marocain a souligné que ces manifestations sont "non autorisées", justifiant par avance l'intervention des forces de l'ordre pour les disperser.

"Ces manifestations ne sont pas autorisées.Elles sont donc illégales et l'Etat a le droit de les empêcher puisqu'elles constituent un trouble à l'ordre public", selon un responsable sécuritaire joint par téléphone.

Plusieurs jeunes du Mouvement ont reçu des documents du ministère de l'Intérieur les informant que les manifestations de dimanche n'étaient pas autorisées.

Mais pour les militants, un rassemblement pacifique "n'a pas besoin d'autorisation".

"On n'a pas besoin d'autorisation pour manifester pacifiquement.Il s'agit d'un droit et nous comptons l'utiliser pour nos revendications légitimes", a déclaré Aba Dila, l'un des membres du Mouvement.

"Manifester pacifiquement est un un droit constitutionnel", ajoute-t-il.

Ces manifestations interviennent 10 jours avant la remise au roi Mohammed VI, par une commission consultative nommée en mars, de propositions pour une prochaine réforme constitutionnelle.

Le 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé d'importantes réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre.