Mauritanie: l'opposition compare le président au général al-Sissi

Par La rédaction

Nouakchott (AFP)

Un ensemble de partis d'opposition en Mauritanie a comparé dimanche le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz au général égyptien Abdel Fattah al-Sissi, en l'accusant de se dresser "contre la démocratie" comme l'armée en Egypte.

"Comme en Egypte, nous avons notre al-Sissi (qui a déposé le président égyptien Mohamed Morsi, ndlr) qui se dresse contre la démocratie, contre la civilisation et la culture", a affirmé dimanche soir au cours d'un meeting à Nouakchott le président de la Coordination de l'Opposition Démocratique (COD), Ahmed Ould Daddah. 

M. Ould Daddah, chef de file de l'opposition, a exprimé le soutien de la COD au président égyptien déchu, Mohamed Morsi, et appelé l'armée égyptienne à "se consacrer à la défense de son pays et de la nation arabe et à éviter le chaos" pour le pays.

M. Morsi, premier président élu démocratiquement de l'histoire de l'Egypte, a été déposé mercredi soir par le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, après des manifestations d'une ampleur inédite dans le pays.

Le  président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est un ancien général, auteur en août 2008 d'un coup d'Etat qui a renversé le premier président élu démocratiquement de Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi.M. Aziz avait ensuite été élu président de la République un an plus tard.

Le gouvernement mauritanien s'était, après la chute de M. Morsi, dit "rassuré" sur l'issue des évènements en Egypte, estimant qu'elle aurait pu être "pire" que celle imposée par l'armée.

Le président Aziz "doit dégager pour mettre mettre fin au despotisme et rétablir le jeu démocratique", a déclaré M. Ould Daddah pendant le meeting, enjoignant des milliers de militants qui l'ont ovationné à "le contraindre à déguerpir", sans évoquer les élections parlementaires et municipales prévues septembre-octobre.

Dans un communiqué publié lundi, la COD se dit disponible pour "participer à toutes élections libres et transparentes, supervisées par une autorité de consensus" et lors desquelles "la neutralité de la puissance publique (serait) garantie à tous les citoyens". 

Elle affirme cependant "son rejet ferme de toutes élections qui ne répondent pas à ces critères, comme celles, affirme-t-elle, pour lesquelles �?uvre actuellement Ould Abdel Aziz".