Nigeria: des jihadistes attaquent deux bases de l'armée, 8 morts

Par AFP

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Des jihadistes ont attaqué samedi soir et dimanche matin deux bases de l'armée dans le Nord-Est du Nigeria, submergeant l'une des deux bases et tuant au total huit personnes, un officier et sept civils, ont annoncé dimanche des sources militaires.

Des combattants islamistes, qui mènent depuis dix ans une insurrection ayant tué plus de 36.000 personnes et chassé plus de deux millions de personnes de chez elles, ont intensifié leurs attaques contre des bases militaires ces dernières semaines.Dimanche matin, des jihadistes à bord de camions et sur des motos ont attaqué une base à Ajiri, à environ 20 km de Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno. A l'issue de deux heures de combats, ils ont réussi à y pénétrer, forçant les militaires à battre en retraite, a indiqué une de ces sources."L'officier commandant la base (...) a payé le prix suprême et six civils, pris dans les tirs, ont également été tués", selon elle.Une autre source a confirmé ce bilan et indiqué que les combattants avaient ensuite pris la fuite en emportant des armes de la base.Samedi soir, des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont attaqué une autre base de l'Etat de Borno, à Rann, à 172 km de Maiduguri, mais ont été repoussés."Ils sont arrivés à bord de six camions armés et ont rencontré une forte résistance des troupes de la base. Deux des camions ont été touchés par des tirs d'artillerie, les quatre autres ont pris la fuite", a indiqué une source militaire.Un civil, blessé, a succombé à l'hôpital.Né en 2016 de la dissidence d'une branche du groupe islamiste radical Boko Haram qui mène une insurrection depuis 2009, l'Iswap multiplie les attaques contre des bases militaires, les embuscades contre les soldats nigérians et les enlèvements de voyageurs à de faux check-points.Depuis 2019, l'armée s'est largement retirée des villages et des bases de petite taille, pour s'installer dans des "super camps", des garnisons fortifiées censées offrir une meilleure protection face aux attaques.Mais cette stratégie suscite la critique de ceux qui estiment qu'elle permet aux combattants islamistes de se mouvoir librement dans les zones rurales.