Nigeria: des jihadistes de l'Iswap relâchent 10 otages

Par AFP

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Des jihadistes nigérians liés au groupe Etat islamique (EI) ont relâché 10 otages, dont 7 travailleurs humanitaires locaux, après plusieurs semaines de négociations, ont affirmé mercredi à l'AFP une source onusienne et une responsable d'organisation impliquée dans les tractations.

Les otages, enlevés entre décembre et avril dans le nord-est du Nigeria par le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), ont été libérés lundi, selon ces sources. La rébellion jihadiste dans cette partie du pays le plus peuplé d'Afrique a débuté en 2009, avec les attaques du groupe Boko Haram, puis de l'Iswap, issu d'une scission de Boko Haram. Les deux groupes ont régulièrement enlevé des travailleurs humanitaires."Nous avons assuré la libération de dix otages retenus par l'Iswap, dont sept travailleurs humanitaires", a déclaré Ummu-Kalthum Muhammad, à la tête de la Fondation Kalthum pour la paix, qui a participé aux négociations, comme elle l'a déjà fait par le passé."C'est le résultat de longues semaines de discussions avec les ravisseurs", a-t-elle affirmé. Parmi les otages libérés, un employé du Programme alimentaire mondial (PAM) et un autre du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avaient été enlevés en décembre, tandis qu'un employé du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) l'avait été en janvier. Tous trois avaient été enlevés à des barrages érigés par des jihadistes en périphérie de la capitale de l'Etat du Borno, Maiduguri. Les quatre autres travailleurs humanitaires libérés avaient été kidnappés en avril dans la ville de Dikwa, lorsque les combattants de l'Iswap avaient lancé une attaque sur la ville et détruit un centre d'opérations de l'ONU.¨Une source travaillant à l'ONU à Maiduguri a confirmé à l'AFP la libération "de plusieurs travailleurs humanitaires, notamment du personnel de l'ONU". Les trois autres otages libérés sont un prêtre catholique, un professeur d'université et un fonctionnaire. Les deux sources n'ont pas précisé si une rançon avait été versée.Il y a plusieurs mois, l'ONU avait exprimé sa vive inquiétude face à la multiplication d'enlèvements et d'attaques visant des travailleurs humanitaires dans le nord-est du Nigeria.