RDC: en Ituri, 12 civils tués dans les violences

19 septembre 2019 à 14h52 par AFP

AFRICA RADIO

Au moins douze civils ont été tués, victimes du regain de violences qui vise des camps de déplacés en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo, ont annoncé jeudi des sources concordantes.

Au total, trois attaques "ont fait 12 morts, trois blessés et quatre disparus dans la nuit de mercredi à jeudi", a indiqué à l'AFP Abel Alingi, administrateur du territoire de Djugu.Plusieurs maisons ont été incendiées, a ajouté ce responsable politico-administratif.Mercredi, une précédente attaque avait fait 14 morts dans la même région.Au nord de la capitale provinciale, Bunia, Djugu est l'épicentre des violences qui ont tué 160 personnes en juin, entraînant le déplacement de 400.000 personnes, selon des chiffres officiels.Ces tueries sont comme d'habitude attribuées "aux hommes de Ngudjolo", une milice locale opérant dans la forêt de Wago, en territoire de Djugu.Des sources locales indiquent que Ngudjolo n'aurait rien à voir avec l'ex-chef rebelle Mathieu Ngudjolo Chui, acquitté par la Cour pénale internationale en décembre 2012, faute de preuves.Début juillet, le président Félix Tshisekedi avait annoncé une opération militaire "d'envergure" pour "anéantir, en tous cas amoindrir" les assaillants, ajoutant : "Les forces de défense seront maintenues ici jusqu'à leur éradication".Entre 1999 et 2003, un conflit communautaire a fait des dizaines de milliers de morts dans la province aurifère de l'Ituri, frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud. Le conflit a pris fin avec l'intervention d'une force européenne sous commandement français en 2003.Le conflit opposait à l'époque des milices de la communauté lendu, pour la plupart des agriculteurs, et de la communauté héma, majoritairement éleveurs. L'auteur belge David Van Reybrouck a évoqué un parallèle avec la guerre entre Hutu et Tutsi au Rwanda.Quinze ans plus tard, des violences ont repris, fin 2017-début 2018 entraînant un flot de réfugiés vers l'Ouganda, puis en juin 2019.Les autorités locales se gardent de parler d'un réveil du conflit Lendu-Hema, s'interrogeant sur une "main noire" derrière ces violences dans cette province frontalière, riche en or et en pétrole.ak-mbb-st/jh