Retour sur la « révolution de jasmin », les 30 jours qui ont conduit à la chute du président Ben Ali

Par La rédaction

17 décembre 2010 : Mohamed Bouazizi, jeune marchand de fruits et légumes de 26 ans, s'immole par le feu à Sidi Bouzid, pour dénoncer la confiscation de sa marchandise par la police.18 décembre : En réaction au drame de la veille, des habitants de Sidi Bouzid dénoncent le chômage et la vie chère. Les affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre sont violents, et des dizaines de personnes sont arrêtées. Les manifestations vont se poursuivre pendant les jours suivants.22 décembre : Houcine Neji, chômeur de 24 ans, se suicide à Sidi Bouzid en touchant des fils à haute tension pour « protester contre la vie chère et le chômage ».24 décembre : A Menzel Bouzayane, une manifestation rassemble plus de 2 000 personnes. Dans la nuit de Noël, un jeune de 18 ans est tué par balle lors d'affrontements avec la police.27 décembre : Des centaines de personnes manifestent à Tunis pour exprimer leur soutien aux mouvements de protestation dans la région de Sidi Bouzid. Ils sont dispersés à coups de matraque. D'autres manifestations éclatent dans tout le pays.28 décembre : Le président Ben Ali dénonce une « instrumentalisation politique » des événements.29 décembre : Remaniement partiel du gouvernement : le ministre de la Jeunesse et des Sports est remplacé.1er janvier : Dans une allocution télévisée, le président Ben Ali assure que la prise en charge des personnes vulnérables sera améliorée. Le même jour, un jeune manifestant blessé la semaine précédente lors d'affrontements avec la police décède, après huit jours d'hospitalisation.4 janvier : Les manifestations se poursuivent, notamment à Thala. Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui s'était immolé par le feu en décembre, meurt au service des grands brûlés de Ben Arous.5 janvier : Mohamed Bouazizi est inhumé. Une foule estimée à plus de 5 000 personnes défile derrière son cercueil en criant vengeance.
Tunisie : Entre tristesse et colère, Sidi Bouzid en deuil
envoyé par france24. - Regardez les dernières vidéos d'actu.9 janvier : Les manifestations se succèdent jour après jour. A Thalaé, Kasserine et Regueb, 14 civils sont tués dans des affrontements avec les forces de police, selon les autorités. Le quotidien Le Monde parle de 23 morts. Le gouvernement évoque un « mouvement social légitime », mais accuse les médias d'exagérer ou de déformer les faits.10 janvier : Le gouvernement s'engage à créer 300 000 emplois d'ici à 2012. Mais les manifestations continuent, et des marches funèbres organisées en l'honneur des victimes de la répression dégénèrent en violents affrontements avec la police.11 janvier : Les violences gagnent la capitale. Le bilan total des victimes est officiellement porté à 21. L'opposition fait état de 40 à 50 morts.12 janvier : Entre 3 et 5 civils sont tués par des tirs de police, dont un Franco-Tunisien enseignant en France. Le ministre de l'Intérieur est limogé. Malgré l'instauration d'un couvre-feu illimité dans Tunis et sa banlieue, des affrontements aux environs de la capitale font 8 morts, selon la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme.13 janvier : Le président Ben Ali promet de ne pas briguer de sixième mandat en 2014 et d'instituer d'importantes réformes. Mais les manifestations continuent, et entre 2 et 15 personnes sont tuées dans la nuit.Vendredi 14 janvier : Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Tunis, Sfax, Sousse et d'autres grandes villes du pays. Dans une ultime tentative d'apaisement, le président Ben Ali limoge son gouvernement et appelle à des élections anticipées dans six mois. Finalement, il se décide à quitter la Tunisie et part pour une destination inconnue. Le Premier ministre Mohammed Ghannouchi assure l'intérim.Tunisie : l'allocution du président par intérim Vidéo LCIWAT sélectionnée dans Actualité