Sahara occidental: la situation reste confuse après la rupture du cessez-le-feu

Par AFP

AFRICA RADIO

La situation reste confuse au Sahara occidental, trois semaines après la rupture du cessez-le-feu décrétée par le Front Polisario qui fait toujours état de "bombardements", non confirmés par les autorités marocaines.

Le Polisario se dit "en état de guerre de légitime défense" depuis que le Maroc a envoyé le 13 novembre des troupes à l'extrême sud de l'ancienne colonie espagnole pour chasser un groupe de militants indépendantistes sahraouis qui bloquait depuis trois semaines la seule route vers la Mauritanie, dans la zone-tampon de Guerguerat.Cette semaine, la direction du Polisario a fait état de bombardements sur les "positions ennemies", dans différents communiqués listant des opérations dans des zones proches de la frontière algérienne. Ces annonces n'ont suscité aucun commentaire officiel côté marocain.Jeudi, le premier ministre marocain Saad-Eddine El Otmani a salué une nouvelle fois l'intervention militaire du 13 novembre lors de la réunion hebdomadaire de gouvernement en affirmant que la sécurisation du passage de Guerguerat avait "créé une nouvelle réalité diplomatique et politique".Il avait affirmé lundi devant le Parlement que l'opération avait "permis de dégager totalement le passage et de mettre en place une ceinture de sécurité pour sécuriser la zone de façon définitive contre les manoeuvres répétées des séparatistes".Le dossier ne figure pas au programme prévisionnel de travail du Conseil de sécurité de l'ONU publié pour le mois de décembre.Cette semaine, le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies a affirmé au cours d'un point presse à New-York que son mouvement "n'attend pas grand-chose" du Conseil de sécurité, attribuant son "silence" au fait que "certains pays continuent d'influencer clairement ses décisions, en particulier la France", selon l'agence de presse algérienne APS.Rabat, qui contrôle les trois quarts de ce territoire désertique de 266.000 km2, propose une autonomie sous sa souveraineté.Soutenu par l'Algérie mais isolé, le Polisario réclame depuis des années le référendum d'autodétermination, prévu par l'accord de 1991.Les négociations impliquant le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie sont au point mort depuis mars 2019.