Somalie: au moins 17 morts dans des combats à Mogadiscio

Par La rédaction

MOGADISCIO (AFP)

 Au moins 17 civils ont été tués jeudi à Mogadiscio dans des combats pour le contrôle du marché central de Bakara entre insurgés shebab et forces pro-gouvernementales, soutenues par la force de paix de l'Union africaine (Amisom), selon une source médicale.

"Au moins 17 morts civils ont été comptabilisés, dont neuf ont été tués par un seul obus d'artillerie sur une station de bus près de l'hôpital Arafat", a indiqué à l'AFP le chef du service des ambulances de la capitale, Ali Muse.

"Ce sont près de 46 civils qui ont été blessés dans ces violences et ce n'est qu'un bilan provisoire", a précisé M. Muse.

La plupart des victimes, tués et blessés, ont été touchées à Arafat, un quartier du nord de la ville sous contrôle des shebab.

Interrogé par l'AFP, un responsable des forces de sécurité du gouvernement de transition somalien (TFG) s'est refusé à confirmer ce bilan, mais a affirmé que les forces pro-gouvernementales, appuyées par les troupes ougandaise et burundaise de l'Amisom, ont pris le contrôle de plusieurs positions et avancé vers le marché de Bakara, un bastion islamiste.

"Nous avons repoussé l'ennemi et nos forces avancent désormais vers de nouvelles positions très proches de Bakara", a assuré le chef d'état-major adjoint de l'armée du TFG, le lieutenant-colonel Yusuf Dhegobadan.

"Les combats ont débuté la nuit dernière et se poursuivaient en début d'après-midi de façon sporadique", a expliqué l'officier.

"Nous avons pris le contrôle de (la position de) Shirkole et avons pénétré en profondeur dans les tranchées" des shebab, a-t-il précisé.

L'Amisom a lancé le 12 mai une série de nouvelles opérations contre les islamistes sur deux principales lignes de front de la capitale somalienne, resserrant ainsi son étau depuis trois directions sur le marché de Bakara, grosse source de revenus pour les shebab en lutte contre le TFG du président Sharif Cheikh Ahmed.

Dans un communiqué publié jeudi matin, l'Amisom rappelle avoir "accru ses opérations militaires pour ramener la sécurité dans les environs du marché et pour y éliminer la menace shebab (...)".

Selon le chef d'état-major de l'Amisom, le colonel Innocent Oula, cité par ce même communiqué, la force de paix entend "faire tout son possible pour éviter une confrontation dans le marché lui-même".

"(...) Nous avons laissé une claire voie de sortie pour permettre aux extrémistes de s'échapper.Nous les appelons à en profiter et à éviter ainsi plus de souffrances au peuple somalien", a expliqué le colonel Oula, en référence à la partie nord-est de Bakara, qui relie le marché au nord de la capitale sous contrôle islamiste.

"Ce qui va se passer est entre leurs mains.S'ils refusent de partir, nous n'aurons pas d'autre option que de les en chasser par la force", a-t-il mis en garde, assurant qu'une attaque de l'Amisom sur Bakara se déroulerait avec le souci "d'assurer le minimum de pertes en vie humaine et de dommages matériels".