Soudan: Washington, critique, appelle à établir "un gouvernement inclusif et représentatif"

Par AFP

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Les Etats-Unis considèrent que "le moment est venu pour (établir) un gouvernement inclusif et représentatif" au Soudan, a affirmé mardi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, jugeant qu'il était aussi temps "de construire une paix globale et durable" dans ce pays.

"Six mois se sont écoulés depuis la signature" de l'Accord de paix de Juba "entre le gouvernement de transition dirigé par des civils et les groupes rebelles". "Et pourtant, le peuple soudanais n'a pas vu l'engagement des parties signataires nécessaires au progrès", a-t-elle déploré lors d'une visioconférence du Conseil de sécurité sur le Soudan."Il est temps que le Soudan prenne des mesures fondamentales pour indiquer clairement qu'il est attaché à la stabilité à long terme du pays", a insisté la diplomate et membre du gouvernement américain lors d'un discours acerbe.Selon elle, "le Soudan devrait achever la formation d'un Conseil législatif de transition inclusif - comprenant au moins 40% de femmes. Il devrait créer les forces de sécurité nécessaires au Darfour", a-t-elle aussi estimé, en rappelant une attaque en janvier dans cette région qui a fait "163 morts et 50.000 déplacés". "Le gouvernement doit faire plus pour s'assurer que son plan de protection empêchera les violences futures et tiendra pour responsables les auteurs de cette attaque", a-t-elle précisé.Les autorités soudanaises "devraient créer l'Etat de droit et d'autres mécanismes de justice transitionnelle, y compris un Tribunal spécial pour les crimes au Darfour", a fait valoir l'ambassadrice."En ce moment de transition, le gouvernement soudanais doit désormais assumer l'entière responsabilité de la protection des civils. Le Soudan a un plan global pour protéger tous les civils du pays. Mais un plan n'est qu'un morceau de papier. Il n'est utile ou bon que s'il est mis en oeuvre", a déclaré Linda Thomas-Greenfield.Depuis la destitution en avril 2019 de l'ex-autocrate Omar el-Bechir sous la pression populaire, le pays connaît une transition politique fragilisée par une profonde crise économique. Il s'est doté il y a près d'un mois d'un nouveau gouvernement chargé de mener à bien la transition politique.