Tigré: des soldats érythréens font 3 morts en tirant sur des civils (Amnesty)

Par AFP

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Des soldats érythréens ont fait trois morts et au moins 19 blessés en tirant lundi sur des civils désarmés à Adwa, dans la région éthiopienne du Tigré (Nord) en guerre, a affirmé mercredi Amnesty International.

Une source médicale et des témoins avaient rapporté mardi à l'AFP cet incident, un médecin d'Adwa faisant alors état de 19 blessés dont 10 dans un état grave."Trois personnes ont perdu la vie et au moins 19 autres sont hospitalisées dans une nouvelle attaque horrible des troupes érythréennes sur des civils au Tigré", a déclaré dans un communiqué Sarah Jackson, la directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Est."Les attaques délibérées contre des civils sont interdites par le droit humanitaire international et doivent cesser", ajoute Mme Jackson.Selon les témoignages recueillis par Amnesty International, les soldats érythréens, reconnaissables à leurs uniformes notamment, ont ouvert le feu sur des habitants dans la rue principale de la ville, près de la gare routière.Ces témoignages viennent confirmer ceux rapportés par Médecins sans Frontières (MSF). Amnesty appelle à une enquête internationale sur cette fusillade et plus généralement sur les violations des droits humains, y compris de possibles crimes de guerre et crimes contre l'humanité, perpétrés depuis le début du conflit au Tigré le 4 novembre.Ce dernier incident intervient plus de deux semaines après que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a assuré que les troupes érythréennes avaient commencé à évacuer le Tigré.Début novembre 2020, M. Abiy avait annoncé l'envoi de l'armée fédérale au Tigré pour arrêter et désarmer les dirigeants du TPLF (Front de libération du peuple du Tigré), dont les forces sont accusées par Addis Abeba d'avoir mené des attaques contre des camps militaires des forces fédérales. L'armée éthiopienne a reçu l'appui de forces venues d'Érythrée, pays frontalier du Tigré au nord, et de la région éthiopienne de l'Amhara, qui borde le Tigré au Sud, et M. Abiy a proclamé la victoire le 28 novembre, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais les combats se sont poursuivis depuis et l'armée érythréenne a été accusée d'avoir perpétré plusieurs massacres et de s'être livrée à des violences sexuelles.