Un Libérien soupçonné de crimes contre l'humanité réincarcéré en France

Par AFP

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Un Libérien soupçonné de crimes contre l'humanité, remis en liberté en France en septembre en raison d'un vice de procédure, a été réincarcéré la semaine dernière pour ne pas avoir respecté une obligation liée à sa libération, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Kunti K., interpellé en région parisienne en septembre 2018, avait alors été inculpé pour "actes de torture en réunion par l'usage d'une arme" et "actes de torture constitutifs de crimes contre l'humanité" puis écroué.Le pôle "crimes contre l'humanité, crimes et délits de guerre" du parquet de Paris avait ouvert une enquête à la suite d'une plainte déposée le 23 juillet 2018 par l'ONG Civitas Maxima.Il avait ensuite été libéré car le juge d'instruction n'avait pas donné suite à une demande de l'avocat de ce Libérien de pouvoir communiquer avec son client comme il aurait dû le faire.Mais, faute de respecter une obligation de son contrôle judiciaire, à savoir habiter à une adresse convenue avec la justice, il a de nouveau été écroué vendredi, a précisé une source proche du dossier.Né en 1974, Kunti K., naturalisé néerlandais, aurait été commandant au sein du United Liberation Movement of Liberia for Democracy (ULMO), des opposants au mouvement de l'ancien président libérien Charles Taylor, lors de la première guerre civile dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, avait précisé une autre source judiciaire au moment de sa mise en examen.Il est soupçonné d'actes de torture, d'utilisation d'enfants soldats, de meurtres, d'actes de cannibalisme et de mise en esclavage entre 1993 et 1997, avait ajouté cette source.La guerre civile au Liberia (1989-1995), l'un des plus atroces conflits du continent africain, a fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003. Elle a été marquée par des massacres commis par des combattants souvent drogués, des mutilations, actes de cannibalisme, recrutement forcé d'enfants soldats...Charles Taylor, chef de guerre pendant la guerre civile au Liberia, élu à la présidence en 1997, a été condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis dans ce pays voisin du Liberia.