Tchad: la junte change de médiateur à 4 jours de négociations avec les rebelles

AFRICA RADIO

9 mars 2022 à 14h36 par AFP

La junte militaire au Tchad a remplacé mercredi un comité chargé d'amener la rébellion à la table des négociations par un nouvel organe de médiation, ce qui laisse augurer un nouveau report du dialogue devant s'ouvrir dimanche au Qatar.

Un décret du Président de la République Mahamat Idriss Déby Itno créée un "Comité spécial chargé de conduire les négociations" avec une vingtaine de groupes et alliances rebelles à Doha, rôle dévolu jusqu'alors à un Comité technique spécial (CTS) présidé par Goukouni Weddeye, Président du Tchad de 1979 à 1982. A la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT) de 15 généraux, le général Mahamat Déby Itno, 38 ans, avait pris le pouvoir en avril 2021 au lendemain de la mort de son père Idriss Déby Itno, tué au front contre des rebelles. Le chef de l'Etat a confié la présidence du nouveau Comité spécial à Cherif Mahamat Zene, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement nommé par la junte après avoir limogé le précédent, dissout le Parlement et abrogé la Constitution. Interrogé par l'AFP sur les raisons de ce remplacement par un organe de médiation incluant 10 membres de l'ancien sur 25, le gouvernement a refusé de commenter le décret. "Je n'ai pas démissionné, comme cela a été dit sur les réseaux sociaux, mais nous avons été surpris par le décret de ce matin", a déclaré à l'AFP M. Weddeye qui s'est également refusé à tout commentaire sur les raisons de ce changement. Son "CTS va se réunir très prochainement pour voir tous les contours et arrêter une position claire par rapport à la nomination" du nouveau Comité, a-t-il assuré. Le "pré-dialogue" de Doha, qui devait s'ouvrir le 27 février, avait été reporté au 13 mars, une date qui ne pourra pas être tenue non plus notamment en raison du changement de l'équipe de médiation, ont assuré à l'AFP des personnalités proches des négociations, sous couvert de l'anonymat. Ce pré-dialogue, auquel la junte tient depuis le début à inviter tous les représentants des innombrables groupes et sous-groupes rebelles qui lançaient régulièrement des attaques contre le régime de feu le maréchal Déby, est une condition préalable à un dialogue national inclusif, également précédemment repoussé au 10 mai, entre le pouvoir et les oppositions politiques et armées en vue d'élections "libres et transparentes" promises par la junte dès qu'elle a pris le pouvoir le 20 avril 2021.