Tunisie: enquête sur des enregistrements attribués à une ex-responsable de la présidence

AFRICA RADIO

4 mai 2022 à 17h21 par AFP

Le parquet de Tunis a ouvert une enquête pour déterminer l'authenticité d'une série d'enregistrements sonores attribués à l'ancienne cheffe du cabinet présidentiel tenant des propos désobligeants envers le président Kais Saied, ont rapporté mercredi des médias.

Massivement partagés sur les réseaux sociaux depuis fin avril, ces enregistrements sont attribués à Nadia Akacha, qui a démissionné de son poste fin janvier après avoir été la plus proche collaboratrice du président pendant deux ans. Depuis le 29 avril, onze enregistrements attribués à Mme Akacha évoquant les coulisses au palais présidentiel et des rencontres du président Saied avec des dignitaires étrangers ont été massivement partagés sur les réseaux sociaux et défraient la chronique en Tunisie. Dans ces enregistrements, une voix présentée comme celle de Mme Akacha critique dans certains passages M. Saied et son entourage et s'en moque dans d'autres en parlant de rencontres dont elle a été témoin. Depuis le début de la publication de ces sonores, Mme Akacha a nié à deux reprises les propos qui lui sont attribués, affirmant qu'il s'agissait d'enregistrements "falsifiés" visant à "porter atteinte" au président tunisien. Juriste de formation, Nadia Akacha, 41 ans, avait été nommée conseillère juridique au sein du cabinet présidentiel fin 2019 avant de devenir en janvier 2020 la directrice du cabinet du président Saied. Elle l'accompagnait dans tous ses déplacements, en Tunisie comme à l'étranger. Fin janvier, elle a annoncé sa démission en invoquant des "divergences fondamentales de points de vue, en relation avec l'intérêt" du pays. Selon les médias, elle s'est installée en France après avoir quitté son poste. Après des mois de blocage politique, M. Saied, élu fin 2019, s'est arrogé les pleins pouvoirs fin juillet en limogeant le Premier ministre et en suspendant le Parlement, avant de le dissoudre en mars. Ses détracteurs l'accusent d'instaurer une nouvelle autocratie dans le pays, seul rescapé du Printemps arabe dont il fut le berceau en 2011.