Arrestation d'un ancien chef de l'armée libérienne aux Etats-Unis

AFRICA RADIO

24 juin 2022 à 18h21 par AFP

Un ancien chef de l'armée libérienne accusé d'avoir tué des civils pendant la guerre civile qui a déchiré son pays (1989-2003) a été arrêté aux États-Unis et inculpé pour "fraude à l'immigration", selon les autorités judiciaires de Pennsylvanie.

Une procureure américaine a fait arrêter et inculpé Moses Slanger Wright, un ancien commandant général des Forces armées libériennes de 69 ans, résidant à Philadelphie, pour "tentative frauduleuse d'obtenir la citoyenneté", "de fraude dans les documents d'immigration" et de "fausses déclarations" pour obtenir la nationalité américaine. "L'accusé (...) n'a pas dit la vérité sur ses activités pendant la première guerre civile du Libéria", a précisé dans un communiqué le bureau du procureur du district Est de Pennsylvanie reçu vendredi par l'AFP. M. Wright est mis en cause pour avoir personnellement commis, ou pour avoir ordonné à ses soldats de commettre, de "nombreuses atrocités", parmi lesquelles des meurtres de civils, des arrestations et des peines d'emprisonnement arbitraires sur des civils. La Commission Vérité et Réconciliation du Liberia accuse notamment M. Wright d'avoir tué 27 civils en juin 1990. M. Wright avait obtenu l'asile aux Etats-Unis en 2000 et demandé la citoyenneté en 2013. Jusqu'à présent, aucun responsable n'a été poursuivi ni condamné au Liberia pour les crimes commis pendant la guerre civile, qui a fait 250.000 morts et a été marquée par de nombreux massacres. Quelques procès ont eu lieu ou sont en attente en Suisse, en Finlande ou en France, mais de nombreuses personnalités impliquées dans le conflit occupent toujours des postes économiques et politiques importants au Liberia. "Ceux qui ont pris la vie d'innocents pendant la guerre civile - ceux qui ont tué sans pitié des enfants, torturé des personnes âgées - doivent faire face à la justice", a déclaré à l'AFP Adama Dempster, militant libérien des droits humains. M. Wright a été arrêté jeudi et a comparu une première fois devant un tribunal fédéral le même jour, a déclaré à l'AFP un porte-parole du bureau du procureur.