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Burkina: prison avec sursis pour avoir menacé des journalistes

La justice burkinabè a condamné vendredi un leader d'un collectif favorable à la junte à "deux ans de prison avec sursis" pour avoir proféré des menaces, de mort notamment, contre deux journalistes, a appris l'AFP de sources judiciaires.

AFRICA RADIO

10 février 2023 à 20h36 par AFP

Le tribunal de grande instance de Ouagadougou lui a aussi infligé une amende de 1 million de francs CFA (1.500 euros), le reconnaissant coupable pour des "appels aux meurtres" des journalistes Newton Ahmed Barry et Alpha Barry, par ailleurs ancien ministre des Affaires étrangères (2016-2021). Début décembre, dans une vidéo à visage découvert largement relayée sur les réseaux sociaux, Mohamed Sinon avait appelé, à "tuer" le journaliste Newton Ahmed Barry, accusé d'être un "ennemi interne (...) et un complice" de la France, celui-ci ayant jugé "illégale" la suspension des programmes de RFI au Burkina Faso par la junte au pouvoir. Selon le procureur, il avait également appelé "à s'en prendre" à Alpha Barry, par ailleurs promoteur du groupe Omega Médias. A la tête du collectif des leaders panafricains (CLP), Mohamed Sinon avait été interpellé le 20 janvier à Ouagadougou, juste après avoir organisé une manifestation contre la présence des soldats français, en soutien aux forces de défense et de sécurité et aux dirigeants de la transition. Reconnaissant les faits, M. Sinon s'est toutefois défendu d'avoir prononcé le nom d'Alpha Barry, avant de demander pardon au tribunal, expliquant que ses mots ont été "un peu forts". Il a été libéré à l'issue de l'audience, a indiqué le CLP dans un message sur les réseaux sociaux, se disant "satisfait" de ce "dénouement heureux". Ancien rédacteur en chef du journal d'investigation "L'Evènement", Newton Ahmed Barry était un présentateur vedette de la télévision burkinabé dans les années 1980. Il avait démissionné au lendemain de l'assassinat en 1998 du journaliste d'investigation et directeur de publication de l'hebdomadaire "L'Indépendant" Norbert Zongo et de trois de ses amis, dont les corps avaient été retrouvés criblés de balles et carbonisés dans leur véhicule dans le sud du Burkina. Après avoir présidé la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de 2014 à 2021, il commente aujourd'hui l'actualité pour divers médias burkinabè.