Centrafrique: un civil et six rebelles tués dans des combats avec l'armée

AFRICA RADIO

23 juin 2022 à 13h21 par AFP

Six rebelles et un civil ont été tués jeudi dans des affrontements entre un groupe armé et des soldats dans l'est de la Centrafrique, pays en proie depuis près de neuf ans à une guerre civile, ont annoncé à l'AFP le sous-préfet local et un officier de l'armée.

Dans la nuit, des combattants de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes rebelles, "ont attaqué Bakouma", une petite ville à 780 kilomètres au nord-est de la capitale Bangui, a assuré le sous-préfet Simon Pierre Gbate, contacté par téléphone. "Les soldats ont repoussé les rebelles, il y a eu six assaillants tués, ainsi qu'un civil", a assuré M. Gbate. L'attaque et le bilan ont été confirmés à l'AFP par un officier de l'armée centrafricaine contacté à Bakouma, sous couvert de l'anonymat. "Grâce aux actions coordonnées de nos Casques bleus basés à Bakouma et des forces armées centrafricaines, les éléments armés se sont retirés de la ville", a affirmé le lieutenant-colonel Aïssa Yahaya, porte-parole de la force de maintien de la paix de la Mission des nations unies en Centrafrique (Minusca). Ce pays est le deuxième le moins développé au monde selon l'ONU, et théâtre depuis 2013 d'une guerre civile, très meurtrière dans ses premières années mais qui a baissé d'intensité depuis 2018. Fin 2020, les plus puissants des nombreux groupes armés qui se partageaient alors les deux tiers du territoire s'étaient alliés au sein de la CPC et avaient lancé peu avant les élections présidentielle et législatives une offensive sur Bangui pour renverser le chef de l'Etat Faustin Archange Touadéra, lequel avait appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie. Des centaines de paramilitaires russes --des "mercenaires" de la compagnie privée de sécurité Wagner selon l'ONU-- avaient alors rejoint quelques centaines d'autres déjà présents depuis 2018 et permis, en quelques mois, de repousser l'offensive des rebelles puis de les refouler d'une grande partie des territoires et villes qu'ils contrôlaient. Mais sans pouvoir y réinstaller partout et durablement la présence et l'autorité de l'État. L'ONU, l'Union européenne et des pays comme la France notamment, accusent les "mercenaires" de Wagner de commettre des crimes et exactions contre les civils, et le pouvoir de M. Touadéra de les laisser piller les ressources du pays en échange de leur soutien militaire.