Centrafrique: un commandant de l'armée inculpé de crimes contre l'humanité

AFRICA RADIO

30 septembre 2022 à 18h06 par AFP

Un commandant de l'armée a été interpellé et inculpé lundi en Centrafrique de crimes contre l'humanité par la Cour pénale spéciale (CPS) chargée d'enquêter sur les atrocités commises dans ce pays en guerre civile depuis neuf ans, a annoncé vendredi cette juridiction.

Outre ce chef d'inculpation, Vianney Semndiro a été également mis en examen pour "disparition forcée de personnes", "torture" et "viol", "esclavage sexuel" et "prostitution forcée" dans le cadre d'une enquête portant sur des faits commis entre 2009 et 2013, au camp militaire de Bossembélé, à 175 kilomètres au nord de Bangui, explique la CPS dans un communiqué, sans préciser où et par qui l'officier a été arrêté. Ces crimes présumés auraient donc été commis sous le régime du président François Bozizé. La dernière guerre civile, qui a baissé d'intensité depuis 2018, a éclaté en 2013 après un coup d'Etat contre M. Bozizé par une alliance de groupes armés à majorité musulmane, la Séléka, et les représailles lancées par des milices dites anti-balaka, dominées par des chrétiens et des animistes, rassemblées et dirigées par le chef de l'Etat déchu. Les deux camps ont été accusés par l'ONU de crimes de guerre et contre l'Humanité, certains hauts responsables des milices étant jugés ou poursuivis aussi devant la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye. Une partie du camp de Bossembélé avait été transformée en geôles pour les prisonniers dits "politiques" maintenus au secret total, selon des ONG internationales et des journalistes de l'AFP qui s'étaient rendus sur place en avril 2013, après la chute de Bozizé. "En tant que défenseur des droits de l'Homme, c'est ce que nous attendions pour que la lutte contre l'impunité devienne une réalité en Centrafrique", a salué Evra Armel Bondadé, secrétaire général de l'Observatoire centrafricain des droits de l'Homme (OCDH). La CPS est un tribunal hybride, composé de magistrats locaux et internationaux, créé en 2015 par la Centrafrique sous l'égide de l'ONU, et chargé de juger, dans le pays, les crimes de guerre et contre l'humanité commis depuis 2003. Une vingtaine de personnes sont actuellement incarcérées dans le cadre d'enquêtes menées par la CPS.