Ghana : le parlement vote une taxe contestée sur les paiements électroniques

AFRICA RADIO

29 mars 2022 à 15h36 par AFP

Le parlement du Ghana a voté mardi la création d'une taxe sur les transactions électroniques, très contestée et qui avait déclenché une mobilisation sociale, mais ardemment défendue par le gouvernement qui tente de combler un important déficit public.

La loi, appelé "E-Levy", prévoit une taxe de 1,5% sur les transactions électroniques, y compris sur les paiements par argent mobile, très utilisés dans le pays. Le projet de loi initial, qui prévoyait une taxation à hauteur de 1,75%, avait déclenché fin 2021 une levée de boucliers au Ghana, où ses habitants se disent étranglés par un coût de la vie toujours plus cher depuis la crise provoquée par la pandémie de coronavirus. Ces dernière semaines, les difficultés économiques se sont encore accentuées avec la hausse des prix des carburants et autres biens liés à l'offensive russe en Ukraine. Mais dans cette période de crise économique mondiale, le gouvernement cherche urgemment à trouver de nouvelles sources de revenus pour combler un déficit public croissant, de plus de 80% de son PIB. Selon le ministre des Finances Ken Ofori-Atta, qui s'est exprimé à l'ouverture des débats, cette taxe devrait rapporter quelques 835 millions d'euros au Ghana. La loi a été votée par la majorité présidentielle, les parlementaires de l'opposition ayant quitté la salle avant le vote pour dénoncer une "taxe injuste", disent-ils. "Les Ghanéens ont rejeté en bloc cette taxe (...) alors pourquoi le président nous l'impose ?", s'est exclamé auprès de l'AFP un parlementaire de l'opposition Isaaec Adongo. Fin 2021, le Ghana avait connu une série de manifestations contre le gouvernement, de nombreux jeunes étaient descendus dans les rues pour dénoncer les difficiles conditions économiques auxquelles ils sont confrontés et contre l'instauration de cette taxe. En début de semaine, le pays ouest-africain, de plus en plus étranglé par le poids de sa dette, a annoncé la réouverture de ses frontières terrestres et maritimes, fermées depuis deux ans à cause de l'épidémie de coronavirus. Le gouvernement espère ainsi relancer l'économie. Il a également annoncé vendredi dernier une baisse de 30% des salaires du président et des ministres.