Guinée: une cour autorise la libération sous caution de 3 ex-ministres de Condé

AFRICA RADIO

19 mai 2022 à 20h06 par AFP

Une cour créée par la junte au pouvoir en Guinée pour combattre la corruption a autorisé jeudi la libération sous caution de trois anciens ministres du président déchu Alpha Condé en attendant leur procès, a déclaré un de leurs avocats.

Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre de mai 2018 jusqu'au coup d'Etat de septembre 2021, et l'ancien ministre de l'Environnement Oyé Guilavogui sont sortis de prison et ont été placés sous contrôle judiciaire, a dit Me Dinah Sampil à des journalistes. Mais ils devront verser une caution de 20 milliards de francs guinéens (environ 2,1 millions d'euros), a-t-il dit à l'issue d'une audience devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), instaurée par la junte qui a renversé Alpha Condé le 5 septembre. Mohamed Diané, l'ancien tout-puissant ministre de la Défense de 2015 jusqu'en septembre 2021, également libéré et placé sous contrôle judiciaire, devra quant à lui verser une caution de 30 milliards de francs guinéens (environ 3,2 millions d'euros), a-t-il dit. C'est une fortune colossale dans un des pays les plus pauvres du monde. Les trois hommes ont été inculpés en avril pour détournement présumé de fonds publics et écroués sans qu'aucune information ne soit rendue publique sur les faits précis qui leur sont reprochés. Un quatrième, l'ancien ministre des Hydrocarbures Zakaria Coulibaly, a été relâché depuis et placé sous contrôle judiciaire. Les militaires sous la conduite du colonel Mamady Doumbouya, entre-temps intronisé président, ont proclamé la lutte contre la corruption, réputée endémique dans le pays, comme un de leurs grands combats. Le colonel Doumbouya a assuré qu'il n'y aurait pas de "chasse aux sorcières". Mais une série d'enquêtes ont été ouvertes contre des personnalités de l'ancien régime et même de l'opposition à l'ancien président Condé. La justice a annoncé début mai des poursuites contre M. Condé et une trentaine d'anciens hauts responsables sous sa présidence, pour assassinats, actes de torture ou enlèvements. Les partis politiques crient de plus en plus fort à l'instrumentalisation de la justice et de la CRIEF.