La famille du détenu politique le plus célèbre d'Egypte appelle Londres à agir pour sa libération

AFRICA RADIO

3 novembre 2022 à 16h21 par AFP

Les soeurs d'Alaa Abdel Fattah, le célèbre prisonnier politique détenu en Egypte et en grève de la faim depuis sept mois, ont demandé jeudi au gouvernement britannique de profiter de la COP27 dans quelques jours en Egypte pour plaider sa cause.

Bête noire du régime du président Abdel Fattah al-Sissi, M. Abdel Fattah a quasiment cessé de s'alimenter le 2 avril pour protester contre ses conditions de détention, n'ingérant plus qu'un verre de thé et une cuillère de miel par jour. Depuis mardi, il n'avale plus aucune calorie, et le jour de l'ouverture de la COP27 en Egypte, le 6 novembre, il cessera également de boire de l'eau, a annoncé sa famille. Les soeurs d'Alaa Abdel Fattah, qui a reçu en détention la nationalité britannique grâce à sa mère, ont interpellé le Premier ministre Rishi Sunak qui se rendra finalement à la COP27. "Vous allez voir al-Sissi. Vous allez dans le même pays qu'un citoyen britannique en train de mourir. Si vous ne montrez pas que vous vous en souciez, cela sera interprété comme un feu vert pour qu'il meure", a prévenu Sanaa Seif lors d'un point presse devant le ministère des Affaires étrangères à Londres, accompagnée de sa soeur Mona. Dans un tweet mercredi soir, le chef de la diplomatie James Cleverly a indiqué avoir parlé aux deux soeurs: "Nous continuerons à travailler sans répit pour sa libération". Elles ont également été reçues par Tariq Mahmood Ahmad, secrétaire d'Etat du ministère des Affaires étrangères, en charge du Moyen-Orient. "Nous sommes reconnaissantes du fait que finalement, nous avons été prises en considération par James Cleverly (...). Nous espérons qu'il y aura une véritable action pour sauver Alaa", a déclaré Mona Seif. Figure centrale de la "révolution" ayant mis fin au règne d'Hosni Moubarak en 2011, Alaa Abdel Fattah a été condamné fin 2021 à cinq ans de prison pour diffusion de "fausses informations" mais il est détenu depuis 2019. Son sort est au coeur des campagnes pour les droits humains lancées à l'approche de la COP27 à Charm el-Cheikh en Egypte, un pays régulièrement pointé du doigt pour avoir muselé opposition, presse et réseaux sociaux. Mercredi, quinze Nobel ont écrit aux organisateurs de la COP27 en Egypte, notamment à l'ONU, au Caire et à des chefs d'Etat, pour réclamer la libération d'Alaa Abdel Fattah, ont annoncé ses éditeurs.