Le Kényan Safaricom se lance en Ethiopie

AFRICA RADIO

6 octobre 2022 à 17h36 par AFP

Le géant kényan des télécommunications Safaricom a annoncé jeudi avoir conclu un accord pour un service de transfert d'argent par téléphones mobiles en Ethiopie où il est désormais le premier opérateur privé de télécommunications dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique.

L'entrée de Safaricom en Éthiopie met fin au monopole de l'entreprise publique Ethio Telecom dans ce pays de plus de 110 millions d'habitants, étroitement contrôlé. Safaricom a mis en service son réseau et ses services dans la capitale Addis-Abeba, après des essais concluants dans dix autres villes, a déclaré le géant kenyan des télécommunications dans un communiqué. Le gouvernement éthiopien avait annoncé l'année dernière son intention de mettre fin au monopole d'État dans le secteur des télécommunications, un élément clé du programme de réforme économique du Premier ministre Abiy Ahmed. Le réseau de Safaricom offrira des services de données 4G, de voix et de SMS entre les clients de Safaricom Ethiopia et d'Ethio Telecom tandis que "le déploiement du réseau national se poursuivra pour atteindre 14 villes supplémentaires d'ici avril 2023", est-il précisé dans le communiqué. Safaricom a ensuite annoncé avoir obtenu une licence pour exploiter un service de transfert d'argent par téléphones mobile en Éthiopie, à l'image de son service M-Pesa lancé au Kenya où il est devenu indispensable. Cet accord est "très important. Il faisait partie du business plan", a déclaré à l'AFP le PDG de Safaricom Ethiopia, Anwar Soussa, lors de la cérémonie de lancement de la société, ajoutant que le déploiement du service pourrait prendre deux à trois mois. Ces accords ont été annoncés alors que le nouveau président du Kenya, William Ruto, s'est rendu en Éthiopie et s'est entretenu avec M. Abiy. Cotée à la bourse de Nairobi, Safaricom est l'une des plus grandes entreprises d'Afrique de l'Est, son succès étant alimenté par M-Pesa, lancé en 2007. Safaricom est détenue à 35% par le gouvernement kenyan et à 40% par la société sud-africaine Vodacom, les autres actions étant cotées en bourse. En 2021, dans le cadre de plans visant à réorganiser le secteur des télécommunications, l'Éthiopie a lancé un appel d'offres pour attribuer deux licences à des opérateurs de télécommunications privés. Une licence a été attribuée à un consortium dirigé par Safaricom, qui a offert 850 millions de dollars et a promis d'investir 8,5 millions de dollars sur 10 ans. L'Éthiopie a également lancé le processus de vente d'une participation de 40% dans Ethio Telecom, mais les plans ont été mis en attente au début de cette année.