Afrique du Sud: l'intenable leader jeunesse de l'ANC en commission d'appel

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Le leader des jeunes de l'ANC au pouvoir en Afrique du Sud, Julius Malema, sous le coup d'une suspension pour indiscipline, a entamé lundi la bataille en appel devant les instances nationales du parti pour obtenir la levée des sanctions.

Les doléances du jeune tribun sud-africain de 30 ans, qui estime avoir été injustement sanctionné, devaient être entendues par une commission d'appel réunie pour la première fois à huis-clos autour de plusieurs ténors du parti.

"Aucune décision n'a été prise.Personne ne s'exprimera sur le sujet dans les médias", a déclaré un porte-parole de l'ANC, Keith Khoza, aux nombreux journalistes massés devant le siège du parti à Johannesburg et interdit d'accès.

Contrairement à ce qui s'était passé à l'époque de la commission de discipline, peu de partisans de Malema avaient fait le déplacement pour le soutenir.

Fin août, plusieurs centaines de ses supporters avaient brièvement affronté la police pour manifester leur mécontentement envers le parti, obligeant par la suite l'ANC à délocaliser la commission de discipline vers d'autres lieux.

Au départ perçu comme un talentueux apprenti-leader charismatique, Malema en est venu à inquiéter la vieille garde de l'ANC par ses critiques répétées du manque de changements socio-économiques dix-huit ans après la fin de l'apartheid.

L'Afrique du Sud, gouvernée depuis 1994 par l'ANC en alliance avec le parti communiste SACP et les syndicats, est l'un des pays du monde où les inégalités sont les plus criantes.

Le discours populiste de Malema place le parti et le gouvernement en porte-à-faux tant vis-à-vis de l'électorat le plus pauvre, que des milieux d'affaires.

Ces derniers s'inquiètent de voir Malema jeter en pâture à la vindicte populaire les entreprises minières dont il prône la nationalisation, ou les fermiers blancs dont il souhaite l'expropriation.

Malema a fait déborder le vase en août 2011 avec un communiqué exigeant un changement de régime au Botswana voisin.

Ses excuses n'ont pas suffi à amadouer les instances du parti qui l'a condamné le 10 novembre à cinq ans de suspension pour atteinte à la discipline de l'ANC, à son image et à sa cohésion.Cinq de ses lieutenants ont également été suspendus.

Ces sanctions n'entreront cependant en vigueur qu'une fois épuisés tous les recours, ce qui permet à Malema de conserver un pouvoir de nuisance.

Et ce, sans doute jusqu'au prochain congrès de décembre 2012, au cours duquel le président Jacob Zuma espère être reconduit à la tête du parti, ce qui assurerait en principe sa réélection comme président de l'Afrique du Sud.

Initialement allié de M. Zuma en 2008, Malema en est devenu l'un des plus féroces adversaires, se moquant ouvertement de lui en public et jouant des rivalités qui rongent l'ANC pour lui aliéner des soutiens au sein du parti.

Interdit de parole pour les festivités du centenaire de l'ANC début janvier, il a contre-attaqué en organisant ses propres meetings, après avoir joué la vedette lors d'un congrès provincial de l'ANC dans son Limpopo natal en décembre.