Afrique du Sud: un homme assigné à résidence pendant 3 ans pour avoir aidé des personnes à mourir

19 juin 2019 à 10h13 par AFP

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La justice sud-africaine a assigné à résidence mercredi pour une durée de trois ans un militant pro-euthanasie reconnu coupable des meurtres prémédités de trois personnes qu'il avait aidées à mourir.

Le juge John Hlophe, de la Haute Cour du Cap occidental (sud-ouest), a condamné Sean Davison à passer huit ans en résidence surveillée, dont cinq avec sursis, ont rapporté les médias locaux.Fondateur de Dignity SA, une association qui milite pour la légalisation de l'euthanasie en Afrique du Sud, M. Davison a reconnu avoir aidé trois personnes à mourir entre 2013 et 2015, notamment un ami tétraplégique.Après l'énoncé du verdict, il a quitté le tribunal du Cap sans s'adresser aux médias.Selon la presse locale, le juge l'a autorisé, dans le cadre de son assignation à résidence, à se rendre à son travail, à l'église et à consulter un médecin."Mon procès ne va pas durer, mais les questions qu'il soulève ne vont pas disparaître tant que nous n'avons pas de loi humaine", avait déclaré fin mai Sean Davison.Le droit à l'euthanasie est interdit en Afrique du Sud.En mars 2015, un tribunal de Pretoria avait reconnu à un malade atteint d'un cancer le droit au suicide assisté. Mais le jugement était resté sans effet puisque le demandeur, Robin Stransham-Ford, un avocat à la retraite de 65 ans, était décédé naturellement quelques heures avant le verdict.Saisie par le gouvernement sud-africain, la Cour suprême d'appel avait toutefois cassé ce jugement fin 2016.L'une des personnalités sud-africaines les plus respectées, Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et ancien archevêque anglican âgé de 87 ans, plaide pour le suicide assisté.A ce jour, seuls quelques rares pays comme la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, ainsi que certains Etats américains, autorisent l'euthanasie.Contrairement à l'euthanasie, le suicide médicalement assisté signifie que le patient accomplit lui-même l'acte provoquant sa mort. Il est notamment autorisé en Suisse, d'autres pays tolérant l'euthanasie passive (le renoncement aux traitements qui entraîne la mort).