Attentat de Marrakech: les juges français ont auditionné des suspects en juin

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Les juges d'instruction chargés du volet français de l'enquête sur l'attentat de Marrakech qui a fait 17 morts dont huit Français le 28 avril ont auditionné sept des huit suspects à la fin du mois de juin au Maroc, a-t-on appris de l'un des avocats des familles de victimes.

Les trois juges d'instruction, Yves Jannier, Nathalie Poux et Christophe Tessier, en charge de l'information judiciaire ouverte le 20 mai par le parquet de Paris, ont fait part de ces auditions lors d'une réunion de près de trois heures avec les familles des victimes de l'attentat.

Les juges français ont procédé à ces auditions dans le cadre d'une commission rogatoire internationale "en présence des juges et des policiers marocains", a précisé Me Eric Moutet, l'un des avocats d'une famille de victimes.

"Les juges ont fait un point d'information assez didactique pour les familles", selon Me Moutet, présent lors de cette réunion.

"C'était important pour les familles françaises de faire un état des lieux de la procédure marocaine", a-t-il jugé.

Huit suspects ont été arrêtés par les autorités marocaines dans cette affaire et doivent être jugés par le tribunal antiterroriste de Salé, près de Rabat.

Le procès devait s'ouvrir le 30 juin mais a été reporté au 18 août.

"Il y a de très grandes chances qu'il soit reporté de nouveau", a assuré une source judiciaire.

Lors de cette réunion, les juges d'instruction ont livré "pas mal d'éléments aux familles" sur la personnalité d'Adil El-Othmani, l'auteur principal de l'attentat, selon Me Moutet.

"C'est important d'avoir eu la chronologie, d'avoir eu des éléments de la personnalité des terroristes", a estimé le beau-frère de l'une des victimes, Eric Bédier, l'un des rares membres des familles des victimes à s'exprimer.

"En fait, ce sont des gens qui n'ont pas pu faire le djihad chez les grands alors ils l'ont fait chez eux", a-t-il expliqué.