Banque mondiale: le nouveau président entre en fonction avec "humilité"

Par La rédaction

WASHINGTON (AFP) - (AFP)

Le nouveau président de la Banque mondiale (BM), l'Américano-coréen Jim Yong Kim, a officiellement pris ses fonctions lundi avec "humilité" en s'engageant à agir pour "les personnes vivant dans la pauvreté" à un moment "crucial" pour l'économie mondiale.

Avare de déclarations publiques depuis sa nomination mi-avril, ce médecin et et anthropologue de 52 ans s'est inscrit dans la continuité de son prédécesseur et compatriote, Robert Zoellick, lors d'une très courte allocution devant le siège de la Banque mondiale à Washington.

Nommé pour un mandat de cinq ans, il s'est engagé à poursuivre le travail de la BM "en partenariat avec les gouvernements, les organisations de la société civile, le secteur privé et surtout avec les personnes vivant dans la pauvreté que nous aspirons à servir".

"J'arrive avec humilité et motivation (...).J'ai hâte de m'y mettre", a-t-il lancé avant de s'éclipser sans répondre aux questions des journalistes.

Choisi par le président américain Barack Obama, M. Kim avait été nommé à la tête de la BM après avoir affronté la concurrence inédite d'une autre candidate, la ministre des Finances nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, qui réclamait un processus de sélection "plus transparent".

Selon une règle non-écrite, les Américains désignent un des leurs à la tête de la Banque mondiale, tandis que la direction du Fonds monétaire international (FMI) est réservée à un Européen.

Attendu au tournant, M. Kim a justifié son accession à la tête de la Banque mondiale, une multinationale du développement qui compte 187 Etats-membres, en assurant qu'il avait passé "la plus grande partie de sa vie d'adulte auprès des populations les plus pauvres dans le monde".

Né à Séoul avant d'émigrer aux Etats-Unis à l'âge de 5 ans, il a consacré la majeure partie de sa carrière à la recherche, notamment sur la tuberculose et le sida, avant de se tourner vers l'humanitaire.

Cofondateur de Partners in Health, une association qui fournit des traitements aux populations des pays pauvres, il s'est parfois fait entendre comme une voix critique de l'aide publique au développement, qu'il trouvait mal ciblée et insuffisante.Depuis 2009, il présidait la prestigieuse université de Dartmouth, dans le New Hampshire (Nord-Est).

Dans sa brève allocution à la presse, M. Kim a tenu à rendre hommage à M. Zoellick, ancien haut responsable de l'administration Bush, et à la Banque mondiale.

"Ce n'est pas seulement la plus importante organisation mondiale de développement mais c'est un mouvement.Les personnels, ici à Washington et à travers le globe, défendent avec passion les deux objectifs parallèles de la Banque mondiale: dynamiser l'économie et éradiquer la pauvreté", a-t-il déclaré.

Avant même cette prise de fonctions officielle, l'organisation non-gouvernementale Oxfam avait appelé la semaine dernière le nouveau dirigeant à "agir rapidement" pour protéger les pays pauvres des conséquences de la crise de la dette en Europe.

"La crise de l'euro est devenue une grave menace pour les pays en voie de développement déjà frappés par la volatilité des prix alimentaires et les coupes dans l'aide au développement", avait estimé l'ONG dans un communiqué diffusé jeudi.

Créée tout comme son institution-soeur, le Fonds monétaire international (FMI), à la conférence de Bretton Woods (Etats-Unis) en 1946, la Banque mondiale affichait fin juin 2011 un encours de prêts total de 258 milliards de dollars.