Bissau: les enseignants reprennent leur grève à un mois des législatives

Par AFP

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Les enseignants de Guinée-Bissau ont repris vendredi leur mouvement de grève, interrompu pendant un mois, pour réclamer le paiement d'arriérés de salaires, une semaine après des manifestations d'élèves réclamant la tenue des cours qui avaient dégénéré et à un mois de législatives très attendues.

Dans la capitale Bissau, les écoles publiques du primaire et du secondaire étaient fermées, en l'absence des professeurs, certaines écoles privées ayant par ailleurs demandé à leurs élèves de rester à la maison par mesure de prudence, a constaté un correspondant de l'AFP. Après quatre mois de grève, trois syndicats enseignants avaient interrompu leur mouvement le 9 janvier, après avoir obtenu des garanties du gouvernement que les arriérés de salaires seraient payés et qu'une nouvelle grille salariale et une révision du plan de carrière des enseignants seraient mises en oeuvre.Malgré d'ultimes pourparlers avec le gouvernement ces derniers jours, les trois centrales syndicales ont maintenu leur préavis de grève de 27 jours à partir de jeudi."Les points sur lesquels nous étions tombés n'ont pas été respectés", a déclaré à l'AFP Domingos Carvalho, président par intérim du puissant syndicat enseignant SinaProf."Nous allons maintenir notre mot d'ordre de grève pendant que certains de nos collègues négocient. Nous sommes déterminés à aller jusqu'au bout de notre action", a déclaré un responsable de la coordination des grévistes, Bighoma Eduarte Sanha.Le 8 février, les élèves, qui craignent que l'année soit déclarée "blanche", avaient bloqué les rues de la capitale. La manifestation avait tourné en pillages, notamment du siège de deux partis gouvernementaux. Un manifestant avait été blessé par balle et 26 autres avaient été interpellés, puis libérés cinq jours plus tard.Lors de leur manifestation, les élèves portaient des banderoles où l'on pouvait notamment lire "Nous voulons aller à l'école", "Nous sommes fatigués de rester à la maison" ou encore "L'éducation est un droit".Ces mouvements sociaux interviennent alors que des élections législatives sont prévues le 10 mars, censées dénouer la crise politique que traverse le pays depuis août 2015.La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest, est un des derniers pays au monde dans le classement de l'indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement.