Un complot présumé visant le capitaine Traoré
Le régime burkinabè a affirmé mardi soir avoir déjoué pour la « énième fois » une tentative de déstabilisation du pays. Selon le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, un plan devait être mis à exécution dans la nuit du 3 janvier 2026 pour éliminer le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré.
S’exprimant à la télévision nationale, le ministre a évoqué une série « d’assassinats ciblés » de responsables civils et militaires, débutant par la neutralisation du capitaine Traoré, soit « à bout portant », soit par une opération visant à « miner son domicile ».
🛑 Burkina Faso 🇧🇫- The official explanation of the government about the foiled coup d’état.
— Sy Marcus Herve Traore (@marcus_herve) January 6, 2026
The minister of security Mr Mahamadou Sana is saying that the perpetrators were scheduled to begin their operation on January 3rd, 2026, at 11 p.m., with the assassination of the Head… pic.twitter.com/exV1A55CeV
Des opérations militaires planifiées
Toujours selon les autorités, l’assassinat du chef du régime devait être suivi par la mise hors service de la base de drones, avant une intervention militaire terrestre menée par des « forces extérieures ». Le ministre de la Sécurité n’a toutefois pas livré davantage de détails, invoquant la nécessité de ne pas compromettre les enquêtes en cours. Des interpellations ont déjà eu lieu et se poursuivent, a-t-il précisé.
Damiba désigné comme le « cerveau » du complot
Le régime militaire a désigné comme « acteur principal » de cette tentative de déstabilisation l’ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en septembre 2022 par Ibrahim Traoré et actuellement en exil au Togo. Selon Mahamadou Sana, Paul-Henri Sandaogo Damiba aurait été chargé de concevoir et planifier les opérations, de mobiliser les financements et de recruter des soutiens civils et militaires.
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Des financements accusés de transiter par la Côte d’Ivoire
Les autorités burkinabè affirment qu’une partie importante du financement du complot proviendrait de la Côte d’Ivoire. Le ministre de la Sécurité a évoqué une somme de 70 millions de francs CFA, soit environ 106 000 euros, lors de la dernière opération de financement.
La télévision nationale a diffusé les « aveux » d’un homme présenté comme un commerçant et un acteur clé du dispositif, affirmant s’être rendu en Côte d’Ivoire pour récupérer ces fonds sur instruction de Paul-Henri Sandaogo Damiba.
Une série d’accusations récurrentes
Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, la junte affirme avoir déjoué à plusieurs reprises des tentatives de renversement. La plus récente remonte à avril 2025, avec l’arrestation annoncée d’une dizaine d’officiers et de sous-officiers, les autorités affirmant alors que les cerveaux du complot se trouvaient en Côte d’Ivoire.
Des relations tendues avec Abidjan
Les relations entre Ouagadougou et Abidjan se sont fortement dégradées depuis l’accession au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. Les autorités burkinabè accusent régulièrement la Côte d’Ivoire d’abriter un « centre d’opérations » destiné à déstabiliser le Burkina Faso, des accusations systématiquement rejetées par Abidjan. En octobre dernier, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, avait déclaré attendre « jusqu’à ce jour les preuves » de ces accusations.
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