Burkina: syndicats et société civile dénoncent l'"échec" du régime Kaboré

Par AFP

AFRICA RADIO

Une cinquantaine d'organisations syndicales et de la société civile burkinabè ont dénoncé samedi à Ouagadougou l'"échec" du pouvoir en place dans sa lutte contre les groupes jihadistes et contre les injustices sociales.

A l'appel de l'Unité d'action syndicale (UAS) et des organisations de la société civile, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour un meeting à la Bourse du Travail, au coeur de la capitale burkinabè, critiquant vivement le régime du président Roch Marc Christian Kaboré."Non au terrorisme, aux exécutions sommaires ou de masse", "Non à l'impunité des crimes économiques et de sang", "Non au pillage des ressources nationales", ont scandé les manifestants."Notre pays vit aujourd'hui l'une des pages les plus sombres de son histoire. L'eldorado promis par le pouvoir actuel et ses alliés pendant les campagnes électorales de 2015 s'est révélé un véritable échec pour notre peuple", a lancé le secrétaire général de l'Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso, Ouiry Sanou. "La misère côtoie chaque jour l'insécurité dans nos villes et campagnes au grand malheur de nos populations. Les attaques terroristes sur notre territoire sont devenues quasi quotidiennes et chaque jour qui passe apporte son lot de personnes déplacées, de blessés et de morts aussi bien civils que militaires".M. Sanou a dressé un "bilan sans appel": depuis 2016, "plus de 500 morts, des centaines de blessés, plus de 240.000 déplacés, environ 2000 écoles fermées, des centaines de milliers d'enfants privés de cours, de nombreux centres de santé fermés et un peuple qui vit quotidiennement la peur au ventre et dans l'incertitude du lendemain"."L'incompréhension et la colère montent au sein de la population", a-t-il estimé.Le président de l'UAS (qui regroupe une trentaine de syndicats), Georges Yamba Koanda, a déploré "la déception des populations et particulièrement des jeunes", "cinq ans après que le peuple a chassé le président Blaise Compaoré" par une insurrection populaire.Il a appelé à une "mobilisation pour une marche meeting" le 16 septembre.