Cameroun: renforts militaires pour lutter contre les prises d'otages dans l'Adamaoua

Par AFP

AFRICA RADIO

Cent trente soldats d'élite de l'armée camerounaise seront envoyés en renfort dans la région de l'Adamaoua, dans le nord du Cameroun, pour lutter contre les prises d'otages, a rapporté mercredi la radio d'Etat.

Ces éléments d'une unité d'élite de la gendarmerie vont renforcer durant cinq mois l'effectif déjà présent sur place pour combattre les preneurs d'otages très actifs dans la région, selon la Cameroon radio television (Crtv).Ils auront pour "mission de sécuriser la région de l'Adamaoua par des actions fortes et des patrouilles de dissuasion" notamment dans les localités où les prises d'otages sont fréquentes, a expliqué la Crtv.L'armée est présente dans la région avec plusieurs centaines de soldats.Selon la même source, un peloton de 30 gendarmes a quitté Yaoundé mercredi, le reste de la troupe devant être mobilisé à partir du nord du pays.Mi-janvier, le président camerounais Paul Biya s'était inquiété de la recrudescence des prises d'otages dans l'Adamaoua, assurant avoir donné des "instructions fermes" à l'armée pour y mettre fin.Entre 2015 et 2018, 311 enlèvements ont été enregistrés dans cette région, selon le rapport d'une association de Mbororo (peuple d'éleveurs nomades) du Cameroun.Cité par des journaux locaux, ce rapport indique que durant cette période, 70 otages ont été exécutés par leurs ravisseurs et que plus de 2 milliards de francs CFA (environ 3 millions d'euros) de rançon ont été payés pour la libération des victimes de kidnapping.L'intervention de l'armée n'a permis de libérer que 29 otages pendant cette période, la plupart des libérations étant consécutives au paiement d'une rançon.Dans cette région frontalière de la Centrafrique en conflit, de nombreuses bandes armées opèrent depuis des années, enlevant des éleveurs ou des membres de leurs familles pour ensuite exiger des rançons.Face à la recrudescence de ce phénomène, beaucoup de villages se sont vidés de leurs habitants ces dernières semaines, a-t-on indiqué de sources locales.Selon les mêmes sources, de plus en plus de voix se sont élevées ces dernières semaines parmi les habitants de cette région, la plus grande productrice de viande de boeuf au Cameroun, pour dénoncer la faible détermination à combattre les prises d'otages manifestée selon elles par Yaoundé.