Centrafrique: 3 membres de la commission électorale en garde à vue

Par La rédaction

BANGUI (Centrafrique) (AFP)

Trois membres de la commission électorale indépendante (CEI) de Centrafrique, dont le responsable de la commission de dépouillement, sont en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur le vote comptant pour les législatives à Boganda (sud), a appris l'AFP auprès de la CEI mercredi.

"Le responsable de la commission dépouillement Rodrigue Maïté, le président de la CEI locale de Boganda, et le président du centre de dépouillement de Boganda, ont été placés en garde à vue à la suite de certains faits constatés après le non rapatriement de l'ensemble des résultats de cette circonscription", a annoncé Rigobert Vondo, le rapporteur général et porte-parole de la CEI.

M. Maïté a été interpellé mercredi à Bangui alors que les deux autres membres de la CEI ont été interpellés à Boganda mardi et transféré à Bangui mercredi.

La commission électorale, qui a proclamé lundi les résultats provisoires des législatives, avait décidé de la reprise du vote dans deux des 105 circonscriptions: à Boganda "pour non rapatriement de l'ensemble des résultats" et à Birao 2 (nord) pour "non ouverture de bureaux de vote".

Le travail de la CEI a été très critiqué par l'opposition qui ne reconnaît ni les résultats de la présidentielle --qui a vu la réélection au 1er tour du président sortant François Bozizé avec 66,08% des voix-- ni ceux des législatives du 23 janvier.

"Des informations en notre possession font état de ce que les résultats sont parvenus effectivement à la commission dépouillement.Toutefois au niveau de la compilation, des procès verbaux de vote, une vingtaine (de résultats de bureaux), ont disparu, alors que toutes les informations concordent quant à la réception de l'ensemble des résultats", a expliqué M. Vondo

"La CEI est en train de faire procéder à la vérification des informations, auprès des Commissaires et des candidats, et c'est ainsi que la gendarmerie a été saisie pour faire la lumière sur cette situation", a-t-il poursuivi, indiquant que c'est la CEI qui avait saisi la gendarmerie.

Joint mercredi en soirée au téléphone par l'AFP pendant sa garde à vue, Rodrigue Maïté a déclaré: "Je me réserve de dire quoi que ce soit pour le moment parce que la gendarmerie n'a pas encore procédé à notre audition"

"Mais je puis vous assurer que nous avons reçu les procès verbaux (des résultats) que nous avons transmis à la cellule de compilation dirigée par un expert expatrié.C'est à ce niveau que les procès verbaux ont disparu", a-t-il toutefois ajouté.

Trois des quatre candidats de l'opposition à la présidentielle, Ange-Félix Patassé (2e avec 20,10%), l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé (3e avec 6,46%) et le député et économiste Emile Gros-Raymond Nakombo (4e avec 4,64%) ont signé une déclaration commune dans laquelle ils affirment avoir constaté de nombreuses irrégularités dans l'organisation des élections et lors du scrutin.Ils reprochent notamment à la CEI de ne pas avoir comptabilisé 1.262 bureaux de vote, représentant environ 25% des voix du corps électoral.

Les résultats des élections sont toujours considérés comme provisoires, ceux-ci n'ayant pas encore été validés par la Cour constitutionnelle, qui a déjà dépassé le délai de 15 jours normalement imparti.