Centrafrique: nuit "calme" après des violences à Bangui

Par La rédaction

BANGUI (AFP)

 La nuit a été calme dans le nord-ouest de la capitale centrafricaine sous couvre-feu après des violences contre les musulmans ayant duré deux jours et qui ont fait 7 morts pour la seule journée de mardi, a appris l'AFP de source du haut commandement militaire.

"La nuit a été particulièrement calme au KM5 (quartier commercial et épicentre des violences) et ses alentours", a déclaré une source au haut commandement militaire, précisant toutefois qu'il y avait eu "quelques tentatives de groupes de jeunes qui voulaient piller les magasins (tenus en grand nombre par des musulmans) mais qui ont été très vite dissuadés par des tirs de sommation".

"Les forces de l'ordre et de sécurité sont parvenues à maîtriser la situation dans le secteur", de même source, alors qu'un couvre-feu était en vigueur dans les 3e, 5e et 6e arrondissement de Bangui situés dans le nord-ouest de la capitale.

"Sur instruction de la hiérarchie militaire, les forces de défense et de sécurité sont appelées à redoubler de vigilance au-delà des circonscriptions où est instauré le couvre-feu", a précisé cette source.

Après la découverte des corps de deux jeunes enfants dans le coffre d'un véhicule d'un musulman, une flambée de violences dirigée contre cette communauté a débuté mardi dans le 3e arrondissement de Bangui mardi et s'est étendue mercredi à d'autres quartiers, de sources concordantes.

Au moins 7 personnes, pour la plupart musulmanes centrafricaines, sont mortes pour la seule journée de mardi et 21 ont été blessées, selon le parquet, alors que le bilan pourrait s'alourdir.

Mercredi, les violences ont "continué jusqu'à 18H00 (17H00 GMT), mais jusqu'à maintenant, il n'y a pas de tirs, ni d'attaques, les militaires sont en train de faire la patrouille", a déclaré Nicaise-Daniel Kabissou, étudiant de 27 ans, habitant dans le 5e arrondissement de la ville, joint depuis Libreville au Gabon.

Un journaliste de l'AFP avait entendu mercredi des détonations, tantôt rapprochées, tantôt sporadiques à proximité de la zone où se déroulaient les violences et qui avait été bouclée par l'armée, la gendarmerie et la police.

Selon un témoin, il s'agissait de tirs de sommation ou en direction de groupes de jeunes qui tentaient de piller les commerces.

"Présentement les choses sont plutôt calmes", Victoire Bayéré, couturier, également joint depuis Libreville, ajoutant cependant qu'"il y a eu quelques détonations, ce matin (jeudi)".

"Dans le 3e arrondissement, il n'y a pas d'activité, dans le 5e non plus, les véhicules ne rentrent pas" dans ces quartiers, a-t-il dit.

Selon lui, mercredi, des "mosquées ont été incendiées, il y a beaucoup de musulmans qui ont été tués (...) (mais) les musulmans se sont vengés sur trois personnes".