Congo: une formation d'opposition retirée de la liste des partis agréés

Par AFP

AFRICA RADIO

Un des principaux opposants congolais a estimé mercredi être victime de "l'arbitraire" des autorités de Brazzaville, après le retrait de sa formation politique de la liste des partis agréés au Congo, à quelques mois de la présidentielle.

Le ministère congolais de l'Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, a publié une liste de 45 partis politiques agréés sur laquelle ne figure pas Unis pour le Congo (UPC), formation de l'opposant Paulin Makaya."Ce qui se passe, pour moi, c'est de l'arbitraire. Je ne suis pas surpris (de cette liste officielle) connaissant le comportement de ceux qui ont l'effectivité du pouvoir", a déclaré M. Makaya à l'AFP."Quand tu n'es pas avec eux, quand tu es dans la sincérité, ils se comportent dans l'arbitraire", a-t-il jugé.Sur cette liste officielle figurent le Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) et l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS, principale formation d'opposition), ainsi que et bien d'autres formations sans grande influence."Nous sommes en train de mettre de l'ordre dans la fichier des partis politiques", a expliqué le ministre Mboulou."Il y a des partis politiques qui continuent de n'exister qu'à Brazzaville et qui n'apparaissent qu'à l'orée des grands évènements politiques. Ceux-là nous continuerons de les mettre de côté", a-t-il poursuivi pour justifier, entre autres, l'élimination du parti de M. Makaya.Créé en 2014, "l'UPC est un parti national", s'est défendu M. Makaya, accusant "le pouvoir de confisquer les libertés".M. Makaya est soutenu par Claudine Munari, présidente de la Fédération de l'opposition congolaise, pour qui l'exclusion de l'UPC est l'expression de la dictature "qui s'ancre de plus belle dans le pays".Paulin Makaya, 51 ans, longtemps proche de l'ancien Premier Ministre Bernard Kolélas, a été arrêté et emprisonné pendant trois ans, jusqu'en 2018, pour "troubles à l'ordre public".Il avait organisé une marche de contestation du référendum de 2015 qui avait permis au président Denis Sassou Nguesso, 77 ans (dont 36 au pouvoir), de briquer un troisième mandat en 2016.La prochaine élection présidentielle doit se tenir début mars 2021 au Congo-Brazzaville.