Ebola: le Mali tente de juguler la contamination, plus de 5.000 morts

Par La rédaction

Bamako (AFP)

Le Mali, dernier pays atteint par l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest qui a dépassé le cap des 5.000 morts, luttait mercredi pour endiguer toute propagation, après plusieurs décès dus au virus à Bamako, au moment où il paraissait avoir circonscrit une première menace.

L'épidémie, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique identifiée en 1976 en Afrique centrale, a fait 5.160 morts sur 14.098 cas recensés, dans leur immense majorité au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 4 novembre.

Le Mali avait auparavant connu un premier cas, une fillette de deux ans venue de Guinée et décédée le 24 octobre à Kayes (ouest), dont aucun des 108 contacts potentiels identifiés n'a donné de signe de contamination, au terme de leur période d'incubation maximale de 21 jours.

Comme ce premier cas, auquel ils ne sont pas liés, les derniers décès résultent de l'entrée au Mali d'un ressortissant de Guinée, où l'épidémie s'est déclarée en décembre 2013.

L'alerte à Bamako a été lancée mardi soir après le décès d'un infirmier de 25 ans de la clinique Pasteur, testé positif le jour même, qui avait soigné un imam guinéen âgé d'une soixantaine d'années, et l'établissement a été placé en quarantaine, avec le personnel et les patients qui s'y trouvaient pour d'autres pathologies.

Ce patient guinéen est décédé le 27 octobre, de même qu'un ami venu lui rendre visite, a indiqué l'OMS, précisant que tous deux, non testés au virus, sont considérés comme des cas probables d'Ebola.

En raison de son statut, le corps de l'imam a été lavé rituellement dans une mosquée de Bamako, pratique proscrite en cas d'Ebola, les cadavres étant particulièrement contagieux, avant d'être ramené dans sa localité de Koulémalé, frontalière entre les deux pays, pour les funérailles, souligne l'OMS.

Souffrant d'une maladie non diagnostiquée, il était allé au cours du mois d'octobre se faire soigner dans une clinique de l'autre côté de la frontière, avant de se rendre en voiture avec quatre membres de sa famille le 25 octobre à Bamako pour être admis à la clinique Pasteur.

Trois des quatre accompagnants ont été testés positifs et étaient traités en Guinée, le quatrième, sa première épouse, étant décédée le 6 novembre, a précisé l'OMS.

 

'Ralentissement réversible'

 

Le patient guinéen a été admis à la clinique Pasteur pour traiter une "insuffisance rénale", a indiqué à l'AFP une source médicale malienne, expliquant qu'"à sa mort, on a découvert que deux membres de sa famille sont déjà morts d'Ebola, mais il l'a caché".

L'OMS a fait état de 28 personnels de santé sous surveillance.S'y ajoutent des patients "dont une quinzaine de soldats de la Mission de l'ONU à Bamako", a déclaré à l'AFP un médecin en quarantaine, joint par téléphone.

"Un médecin qui en réalité est un cas suspect d'Ebola est en observation, parce qu'il a été en contact avec les deux personnes décédées, et nous recherchons par ailleurs d'autres personnes ayant côtoyé les personnes décédées mais qui ont regagné leur domicile", a affirmé à l'AFP un responsable de la clinique.

Malgré ce nouveau risque, la lutte contre l'épidémie marque globalement des points, en particulier au Liberia, le pays le plus touché, avec environ la moitié des cas et des morts comptabilisés, où la tendance au  ralentissement se maintient mais est "réversible", prévient l'OMS.

En Sierra Leone en revanche, deuxième pays le plus touché, où l'épidémie progresse le plus rapidement, en particulier dans la région de la capitale, Freetown, la situation restait préoccupante, avec une sous-estimation chronique du nombre de cas et de morts.

En visite dans cette ancienne colonie, le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a estimé que le phénomène se résorberait "à mesure que le système de commande et de contrôle se déploie dans le pays et devient plus efficace et que les gens voient que des soins de bonne qualité sont disponibles".

En Guinée-Bissau, qui a fermé ses frontières avec la Guinée, une équipe de l'OMS comprenant des médecins venus du Portugal et du Brésil, était en mission pour évaluer le système de santé et les capacité du pays à faire face à Ebola, selon le ministère de la Santé.

Au plan sportif, les spéculations allaient bon train sur le pays choisi pour remplacer in extremis le Maroc, auquel la Confédération africaine de football (CAF) a retiré l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2015, prévue du 17 janvier au 8 février, rejetant sa demande de report pour cause d'Ebola sur le continent.