Génocide au Rwanda: Kabuga devrait être jugé en Tanzanie, au siège de l'ex-TPIR

Par AFP

AFRICA RADIO

Félicien Kabuga, arrêté samedi en France pour son rôle présumé central dans le génocide des Tutsi de 1994, devrait être jugé au siège de l'ex-Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, a indiqué à l'AFP le procureur de la juridiction compétente, Serge Brammertz.

Poursuivi notamment pour "génocide" et "entente en vue de commettre le génocide", Félicien Kabuga, 84 ans, a été arrêté samedi en banlieue parisienne en exécution d'un mandat d'arrêt émis par le Mécanisme de l'ONU pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI).Chargé d'assurer les fonctions résiduelles du TPIR, qui a fermé ses portes fin 2015, et du Tribunal pour l'ex-Yougoslavie, le MTPI a une branche à Arusha et une autre à La Haye."Il faut s'attendre à ce que le procès se tienne à Arusha", a indiqué à l'AFP le procureur du MTPI, Serge Brammertz, sans exclure que l'accusé soit dans un premier temps hébergé à La Haye, à cause des difficultés de transports aériens liées au Covid-19."Bien sûr, compte tenu de la pandémie mondiale du Covid-19, avec des soucis évidents et des difficultés dans les voyages internationaux, on ne peut pas exclure que M. Kabuga soit d'abord transféré à La Haye, le temps de préparer son transfert à Arusha", a précisé le magistrat belge.La branche d'Arusha du MTPI, également chargée de la gestion des archives du TPIR, travaille dans un complexe appartenant aux Nations unies, et qui comprend une salle d'audience ultramoderne.Le premier à avoir comparu dans cette salle est l'ex-ministre du Plan, Augustin Ngirabatware, gendre de Félicien Kabuga, qui y a été jugé en 2019 pour son procès en révision qu'il a perdu.Après l'arrestation de M. Kabuga, sept autres personnalités mises en accusation par le TPIR restent en fuite. Parmi elles figurent l'ex-ministre de la Défense Augustin Bizimana et le major Protais Mpiranya, qui commandait la garde du président Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat le 6 avril 1994 est considéré comme l'élément déclencheur du génocide.S'ils sont arrêtés, les deux hommes seront, comme M. Kabuga, jugés par le MTPI, parce que considérés comme des accusés de grande envergure.Pour les autres, si cette institution parvient à les faire arrêter, elle les remettra aux autorités judiciaires rwandaises auxquelles ont été déjà transmis les dossiers les concernant.M. Brammertz a assuré que son équipe était "aujourd'hui plus motivée que jamais pour trouver les autres fugitifs restants".M. Kabuga a été présenté mardi devant le parquet général à Paris qui lui a notifié le mandat d'arrêt le visant.Ses avocats français ont fait savoir que l'accusé s'opposait à son transfèrement au MTPI. La procédure devant la justice française pourrait durer plusieurs semaines voire plusieurs mois avant l'éventuelle remise de M. Kabuga au MTPI.