Guinée: Conakry paralysée par une grève contre le prix du caburant

Par AFP

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La capitale guinéenne, Conakry, était paralysée lundi par une grève contre l'augmentation de 25% du prix du carburant à la pompe, émaillée de quelques incidents entre manifestants et forces de l'ordre, ont rapporté des correspondants de l'AFP.

Le mouvement a été déclenché pour une journée le 4 juillet par l'intersyndicale CNTG-USTG (Confédération nationale des travailleurs de Guinée-Union syndicale des travailleurs de Guinée) et reconduit de lundi à mercredi.Aucun véhicule de transport en commun n'a quitté les gares routières de la capitale et les taxis collectifs urbains ne circulaient pas depuis le début de la matinée.Les syndicats des transporteurs ont posté des jeunes sur les grands axes, notamment le boulevard Le Prince et l'autoroute Fidel Castro pour imposer le blocage de la circulation.Un correspondant de l'AFP a vu au moins un taxi incendié par des jeunes manifestants qui ont affronté les forces de l'ordre à Kissosso (banlieue sud de Conakry) à coups de pierres.Les forces de l'ordre, casquées et munies de matraques ont riposté en tirant quelques grenades lacrymogènes sans parvenir à éloigner les manifestants."Même s'il y avait les transports publics, personne n'oserait mettre sa tête dehors avec ce climat de ni guerre, ni paix, il faut que l'Etat assume sa part de responsabilité", a affirmé à l'AFP sous couvert de l'anonymat un haut fonctionnaire, disant craindre que le conflit ne dégénère.Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent régulièrement le lourd bilan de victimes lors des manifestations politiques ou sociales en Guinée."La flambée du cours du baril à l'international a entraîné pour les pays importateurs un renchérissement du coût", a expliqué à l'AFP le ministre des Hydrocarbures Diakaria Koulibaly pour justifier l'augmentation, entrée en vigueur le 1er juillet.Le maintien du carburant au prix antérieur de 8.000 francs guinéens (75 centimes) "contraint le gouvernement depuis octobre 2017 à consentir des subventions de plus en plus fortes sous forme de renonciation partielle à ses droits et taxes, soit environ 736 milliards de GNF" (près de 70 millions d'euros), a-t-il indiqué.Dans le reste du pays, notamment dans les grandes villes comme Kindia, Boké (ouest), Mamou, Labé (centre), ou N'Zérékoré (sud) le mouvement était également suivi la semaine dernière.