Incertitude sur la poursuite de l'éruption du volcan Nyiragongo

Par AFP

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Une "incertitude" persiste sur la poursuite de l'activité du volcan Nyiragongo, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), dont les alentours étaient toujours secoués lundi par d'intenses et fréquents tremblements de terre, selon un volcanologue local.

"La coulée de lave n'évolue plus, mais les tremblements de terre continuent à être ressentis" et il y a toujours "une incertitude", a déclaré le directeur scientifique de l'Observatoire de volcanologie de Goma (OVG), Kasereka Mahinda.M. Mahinda s'exprimait sur les réseaux sociaux, après avoir pris part à un nouveau vol de reconnaissance de la mission de l'ONU en RDC (Monusco) sur les flancs du Nyiragongo, dont le sommet culmine à près de 3.500 mètres, dominant la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, et les eaux du lac Kivu, près de la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda."En raison du brouillard, nous n'avons pas eu la chance de voir l'intérieur du cratère", a expliqué M. Kasereka qui a cependant émis "deux hypothèses"."S'il y a de la lave dans le cratère, les fracturations causées par les tremblements de terre seraient une nouvelle activité", a-t-il analysé."Dans le cas contraire, s'il n'y a pas de lave dans le cratère, ces tremblements de terre se produisent puisque la terre est en train de reconstituer son équilibre".La ville de Goma était toujours secouée lundi par de nombreuses et fortes secousses telluriques, suscitant la peur des populations à peine revenues dans la cité.Déjà nombreux hier dimanche, ces séismes se sont poursuivis toute la nuit et lundi matin sur un rythme soutenu, parfois avec une forte intensité.Samedi soir, le volcan Nyiragongo était entré soudainement en éruption, provoquant la peur et la fuite des populations.Deux coulées de lave se sont échappées de ses flancs, dont une est arrivée jusqu'à la lisière de Goma, où elle s'est immobilisée dimanche matin.De nombreuses habitations ont été englouties par cette immense langue de lave, qui a par ailleurs coupé sur plusieurs centaines de mètres la route reliant Goma à Butembo, la principale du Nord-Kivu et axe important du commerce régional.La précédente éruption majeure du Nyiragongo, le 17 janvier 2002, avait fait une centaine de morts, sur un scénario semblable, une coulée de lave coupant la ville pour se déverser dans les eaux du lac Kivu.