Kenya: les personnels de santé cessent la grève, les grévistes ne seront pas révoqués

Par La rédaction

NAIROBI (AFP) - (AFP)

Les personnels de santé du Kenya ont accepté mercredi de mettre fin à leur grève entamée le 1er mars, après avoir été reçus par le Premier ministre qui a annulé la décision de révoquer 25.000 grévistes, ont annoncé le cabinet du chef du gouvernement et des syndicalistes.

"Nous avons discuté et avons décidé que les personnels de santé reprendraient leur travail et que toutes leurs revendications seraient examinées par un groupe de travail spécial", a déclaré à l'AFP le secrétaire général du Syndicat kényan de la Fonction publique, Tom Ondege.

Le chef du gouvernement et les représentants de ce syndicat, ainsi que ceux de l'Association des professionnels de santé du Kenya, ont "décidé la levée immédiate de la grève et la reprise du travail sans condition", indiquent les services du Premier ministre dans un communiqué.

M. Odinga s'est engagé à ce que "toutes les questions soulevées par les personnels de santé soient examinées de manière exhaustive.Les mesures simples seront appliquées immédiatement tandis que celles ayant des conséquences budgétaires seront examinées à partir du 1er juillet", selon le texte.

Le gouvernement kényan, qui avait sommé les grévistes de reprendre le travail sous peine de révocation, avait annoncé le 8 mars avoir mis sa menace à exécution et avoir rayé des registres de la fonction publique 25.000 d'entre eux n'ayant pas regagné leur poste.

"Aucun fonctionnaire ne sera inquiété pour avoir participé à la grève et les lettres disciplinaires envoyés à certains personnels de santé ont été annulées", ont assuré mercredi soir les services du Premier ministre tout en avertissant que ceux n'ayant pas repris le travail d'ici la fin de la journée de jeudi s'exposeraient à des sanctions disciplinaires.

La décision de révocation, qualifiée d'"illégale" par les syndicats, avait suscité des questions sur la façon dont le gouvernement imaginait pouvoir remplacer les personnels révoqués, alors que les grévistes dénonçaient notamment le manque d'effectifs dans les structures de santé.

Les grévistes dénonçaient aussi notamment leurs mauvaises conditions de travail, le sous-équipement des hôpitaux et l'indigence de leur paie.

La grève a eu des conséquences très lourdes sur le fonctionnement des hôpitaux du secteur public, parfois obligés de renvoyer des patients chez eux.La presse kényane a fait état de plusieurs décès, faute de soins en raison de la grève, des allégations démenties par les personnels de santé grévistes.

Les rares structures publiques fonctionnant étaient débordées par l'afflux de patients, selon les journaux kényans, tandis que ceux en ayant les moyens se tournaient vers des cliniques privées, au coût inabordable pour nombre de Kényans.