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L'ancien palais des empereurs d'Ethiopie rénové et ouvert au public

10 octobre 2019 à 17h53 Par AFP
L'ancien palais des empereurs d'Ethiopie, qui a aussi servi de lieu de torture sous le régime communiste de Hailé Mariam Mengistu (1974-1991) a été rénové et sera désormais ouvert au public, un projet s'inscrivant dans une politique de promotion du tourisme. Rebaptisé "Parc de l'unité" et rénové grâce à une aide de 160 millions de dollars (145 millions d'euros) des Emirats arabes unis, le palais construit à la fin du XIXème siècle, a été officiellement inauguré jeudi avant d'ouvrir ses portes au public vendredi.Le cabinet du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui a souhaité cette rénovation dès son avènement au pouvoir en avril 2018 et qui a surveillé de près les travaux de rénovation, a indiqué dans un tweet, que la réalisation de ce projet "symbolise" la "capacité (des Ethiopiens) à se rassembler".Ce palais a été construit par l'empereur Menelik II, fondateur de la capitale Addis Abeba (Nouvelle fleur en langue amharique). Les empereurs d'Ethiopie y ont habité pendant plus d'un siècle.Le visiteur pourra y voir une épée ayant appartenu à Menelik II ou encore une statue grandeur nature de l'empereur Haïlé Sélassié, qui y a d'abord vécu, puis y a été détenu après avoir été renversé par le régime communiste du Derg dirigé par Mengistu en 1974.Des statues rendant hommage aux différentes régions d'Ethiopie sont également installées dans les jardins, tandis qu'un zoo devrait y ouvrir ses portes d'ici la fin de l'année.Un agenda de réformes économiques publiés en septembre par le gouvernement identifie le tourisme comme un pilier de la création d'emplois en Ethiopie.Jeudi, des hauts responsables gouvernementaux et le corps diplomatique ont visité le palais rénové, et devaient participer dans la soirée à un banquet auquel sont attendus cinq chefs d'Etat de la région.Aklilu Fikresilassie, un Ethiopien employé par les Nations unies et présent à la cérémonie d'inauguration s'est dit "vraiment fasciné" d'avoir pu entrer dans un bâtiment qui avait toujours été fermé au public: "quand on entre dans le palais, on a l'impression d'être d'une certaine manière plus proches de nos leaders".Mais tous ne sont pas enthousiastes.Dans un contexte politico-ethnique tendu, certains estiment que l'ouverture du palais pourrait irriter les Oromo, la plus importante ethnie du pays, dont M. Abiy est pourtant issu, qui estiment que leurs ancêtres ont été chassés du territoire sur lequel Addis Abeba a été construite.Le journaliste et ancien prisonnier politique Eskinder Nega regrette lui que les rénovations ont eu lieu "sans consultation du public". "C'est une question d'héritage, sur la préservation de l'héritage, et les gens devraient avoir leur mot à dire", a-t-il soutenu. "Comme pour tout, cette décision a été prise tout en haut et mis en oeuvre uniquement parce que le Premier ministre l'a décidé".