Le Maroc s'engage à faire suite à toute demande d'enquête de l'Espagne

16 novembre 2010 à 19h42 par La rédaction

MADRID (AFP)

Le Maroc s'est engagé à faire suite à toute demande d'enquête que lui présenterait l'Espagne après les récents événements au Sahara occidental, a déclaré mardi le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, après un entretien avec son homologue marocain.

"Je lui ai demandé, et j'ai obtenu l'engagement du gouvernement marocain d'enquêter sur n'importe quel fait ou nom (...) que le gouvernement espagnol mettrait en relation avec les événements de Laâyoune", a déclaré M. Rubalcaba devant la presse, après avoir reçu le ministre de l'Intérieur marocain Taieb Cherkaoui.

La ministre espagnole des Affaires étrangères Trinidad Jimenez avait demandé vendredi dernier aux autorités marocaines qu'elles "éclaircissent les circonstances de la mort d'un citoyen espagnol", Baby Hamadi Buyema, durant les violences qui ont suivi le démantèlement du camp de protestataires sahraouis près de Lâayoune.

M. Rubalcaba a indiqué mardi que M. Cherkaoui lui avait fait "un récit minutieux des faits qui réfute" les accusations portées à l'encontre des autorités marocaines.

"J'ai exprimé la grave préoccupation du gouvernement espagnol pour une série de graves accusations" portées contre ses forces de sécurité, a encore déclaré M. Rubalcaba.

Le 8 novembre, les forces marocaines ont démantelé un camp de toile au sud de Laâyoune, le chef-lieu du Sahara occidental, où des dizaines de milliers de Sahraouis s'étaient installés depuis la mi-octobre pour protester contre leurs conditions de vie.

Selon le Maroc, douze personnes ont été tuées dont dix parmi les forces de l'ordre lors du démantèlement du camp.

Le Front Polisario qui réclame l'indépendance du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole annexée en 1975 par le Maroc, avait fait état pour sa part de "dizaines de morts" et de plus de 4.500 blessés au cours des violences qui ont suivi le démantèlement.

Mme Jimenez avait vendredi exprimé sa profonde "préoccupation" pour les "faits très graves" qui se sont produits au Sahara Occidental.Mais elle avait ajouté que l'Espagne, "face à la confusion et à l'incertitude sur le nombre de morts et de blessés", attendait "un rapport définitif pour faire un bilan".