Le Premier ministre du Lesotho sous la menace d'une motion de censure

13 juin 2019 à 15h11 par AFP

AFRICA RADIO

Une motion de censure a été déposée contre le Premier ministre du Lesotho Thomas Thabane, laissant augurer d'une nouvelle crise politique et institutionnelle dans ce petit royaume d'Afrique australe coutumier des coups d'Etat militaires.

Le texte a été présenté la semaine dernière devant le Parlement local par un député du propre parti de M. Thabane, la Convention des Basothos (ABC), a-t-on appris jeudi de sources parlementaires locales.Son dépôt vient conclure plusieurs semaines de vives tensions au sommet de l'ABC, qui se déchire autour de la nomination récente de son nouveau vice-président Nqosa Mahao."Nous sollicitons ici de cette honorable chambre qu'elle affirme n'avoir aucune confiance dans un gouvernement du Lesotho dirigé par le Premier ministre Thomas Motsoahe Thabane", indique le texte de la motion, soutenu par l'opposition.Le Parlement a suspendu ses travaux lundi pour ses vacances d'hiver jusqu'en septembre. Il doit examiner le texte à une date qui n'a pas été précisée.L'actuel ministre de la Défense et porte-parole de l'ABC, Tefo Mapesela, a d'ores et déjà prévenu cette semaine que le chef du gouvernement, dont il est un des fidèles alliés, ne quitterait pas le pouvoir, quelle que soit l'issue du vote."Il ne se laissera pas déposséder de ses pouvoirs comme un petit garçon", a-t-il déclaré devant la presse, "pourquoi devrions-nous rendre le pouvoir et ne pas appeler à de nouvelles élections ?"Vainqueur des élections législatives en 2017, l'ABC dispose de 48 des 120 sièges du Parlement local et gouvernait depuis avec l'appui de trois petits partis.A son investiture, M. Thabane, aujourd'hui âgé de 80 ans, avait affiché sa volonté de ramener la stabilité politique dans un pays qui a voté cinq fois en trois ans.Le Lesotho a une longue histoire d'instabilité politique, illustrée par des coups d'Etat militaires en 1986 et 1991.La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) y a déployé pendant un an une force de paix après l'assassinat en septembre 2017 du chef d'état-major des armées.Frappé par le chômage et une épidémie de sida qui touché 23% de sa population de 2 millions d'habitants et un manque criant de services publics, le Lesotho, enclavé au milieu de l'Afrique du Sud, fait partie des pays les plus pauvres de la planète.