Libye: la rébellion revendique une attaque à Tripoli, pertes à Zliten

Par La rédaction

TRIPOLI (AFP) - (AFP)

 Les rebelles ont reconnu de lourdes pertes dans leur progression vers Zliten, à 150 kilomètres à l'est de Tripoli, mais affirmé avoir réussi une attaque contre des dignitaires du régime du colonel Mouammar Kadhafi dans la capitale.

"Hier à Tripoli, il y a eu une attaque contre un centre opérationnel de hauts fonctionnaires du régime, parmi lesquels Seif al-Islam Kadhafi", fils de Mouammar Kadhafi, a déclaré le vice-président du Conseil national de transition (CNT), Ali al-Isawi lors d'une conférence de presse conjointe à Rome avec le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Certains ont été "grièvement blessés", a-t-il ajouté, assurant de plus que des rebelles étaient "en train de se déplacer des montagnes occidentales vers Tripoli".

Selon M. Frattini, l'opération était une "attaque à la roquette contre un centre opérationnel qui se trouvait probablement dissimulé dans un hôtel de Tripoli".L'annonce de cette attaque montre "que même à Tripoli, il y a une capacité de réaction forte et un signal très clair", a souligné le ministre.

Jeudi, les insurgés avaient affirmé avoir réussi à faire entrer des rebelles infiltrés dans la capitale et des rumeurs d'attaques sur des dirigeants avaient circulé.

En revanche, au moins 16 rebelles ont été tués et 126 blessés dans les dernières 48 heures dans des combats contre les forces pro-Kadhafi à Zliten (ouest), ont annoncé vendredi les insurgés dans un communiqué.

"Seize de nos combattants sont tombés en martyrs et 126 autres ont été blessés dans des affrontements avec les troupes loyalistes dans la ville de Zliten", annonce le texte, assurant que les rebelles progressent vers le centre de cette ville de 200.000 habitants.

Parallèlement, l'Otan a accentué ses attaques sur cette zone ces derniers jours.Selon ses communiqués quotidiens, l'Alliance atlantique a touché 13 cibles à Zliten mercredi et 11 autres jeudi, essentiellement des véhicules militaires et des dépôts.

Sur le front du sud-ouest, les opérations militaires sont gênées depuis jeudi soir par un fort vent, a rapporté vendredi une journaliste de l'AFP à Bir Ayad, dans la vallée à environ 70 km au sud de Tripoli.

Ce vendredi, "il n'y a pas de mouvements de l'armée de Kadhafi à cause du vent", a déclaré à l'AFP le commandant d'un poste de contrôle rebelle de Bir Ayad, Nasser Al-Aaib.

"Les soldats de Kadhafi ne peuvent pas bouger parce qu'ils ne connaissent pas la zone.Ils ont peur d'une attaque surprise des rebelles qui connaissent chaque pouce de terrain", a-t-il dit, expliquant que de leur côté, les rebelles ne bougeaient pas parce qu'ils n'en avaient "pas reçu l'ordre".

Les rebelles ont par ailleurs indiqué qu'un "pont aérien" entre Benghazi (est), "capitale" des rebelles libyens, et le Djebel Nefoussa (ouest) avait été établi.Il permet le passage d'avions civils avec l'autorisation de l'Otan malgré l'interdiction de survol du pays.

Discussions sur le départ de Kadhafi

Le colonel Mouammar Kadhafi a réaffirmé jeudi soir qu'il était hors de question qu'il quitte le pouvoir à Tripoli, alors que se multiplient les contacts diplomatiques à son sujet.

Mais à Moscou, où s'était rendu mercredi son ministre des Affaires étrangères Abdelati Obeidi, le ton est paru sensiblement différent.

 "Le thème du départ de Kadhafi du pouvoir a été discuté lors de cette rencontre, et il a été discuté assez concrètement", a déclaré vendredi une source diplomatique russe, citée par l'agence Interfax.

Le départ du dirigeant libyen a été évoqué "y compris à la lumière des contacts déjà établis par des représentants de Tripoli avec les Américains et les Français", a ajouté cette source.

Les ministres français et britannique des Affaires étrangères, Alain Juppé et William Hague, évoqueront lundi à Londres le dossier libyen, a indiqué vendredi la diplomatie française.Cette semaine, M. Juppé avait évoqué la possibilité que Mouammar Kadhafi reste en Libye après son départ du pouvoir.

"L'une des hypothèses envisagées, c'est qu'il séjourne en Libye, mais à une condition, c'est que très clairement il se mette à l'écart de la vie politique libyenne.C'est ce que nous attendons avant de déclencher le processus politique du cessez-le-feu", avait-il dit mercredi.

A Madrid, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a reçu pour la première fois vendredi le numéro deux de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, et l'a assuré du soutien de son pays, tout en appelant la rébellion à se préparer pour "aborder avec succès" la prochaine étape.