Libye: le Premier ministre désigné soumet son gouvernement au Parlement

Par AFP

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Le Premier ministre libyen désigné, Abdel Hamid Dbeibah, a annoncé jeudi soir à Tripoli avoir transmis dans les délais la composition de son "Gouvernement d'union nationale" au Parlement, qui doit l'approuver au plus tard le 19 mars.

"Nous avons remis ce matin (jeudi) la proposition et les critères de sélection de l'équipe gouvernementale à la présidence du Parlement (...) dans le respect du délai accordé par la feuille de route" de l'ONU, a annoncé M. Dbeibah lors d'une conférence de presse dans la capitale libyenne.Debout derrière un podium dans une salle de l'hôtel Corinthia avec un grand drapeau libyen en toile de fond, M. Dbeibah a souligné que son "objectif premier est de rassembler les Libyens et de faire de la compétence des ministres un critère primordial".Il n'a pas dévoilé le nombre de portefeuilles ou les noms des ministres, mais redit son souci d'une "répartition équitable entre les trois provinces" libyennes, l'Est, l'Ouest et le Sud, pour pouvoir s'atteler à la lourde tâche d'unifier les institutions et mener la transition jusqu'au scrutin du 24 décembre. M. Dbeibah a été désigné en même temps qu'un Conseil présidentiel de trois membres le 5 février par 75 délégués libyens de tous bords réunis à Genève sous l'égide de l'ONU.Le Parlement a désormais jusqu'au 19 mars pour octroyer sa confiance au nouveau gouvernement. A l'instar des autres institutions dans le pays, le Parlement est lui aussi divisé et le lieu où il doit se réunir pour le vote ne fait pas consensus: son président Aguila Saleh et une poignée d'élus veulent tenir la session à Syrte, à mi-chemin entre l'Est et l'Ouest, alors que plus de 140 députés préfèrent Sabratha, à l'Ouest. "Nous espérons que le Parlement nous soutienne, en accordant la confiance au gouvernement rapidement. (...) Je suis prêt à me rendre dans n'importe quelle ville pour présenter mon gouvernement", a affirmé le Premier ministre désigné. La Libye, qui vient de célébrer le 10e anniversaire de la révolte ayant renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, est engluée dans le chaos, minée par les divisions politiques.Les luttes de pouvoir ont fini par plonger le pays dans la guerre en avril 2019, sur fond d'ingérences étrangères, avec une offensive de l'homme fort de l'Est, Khalifa Haftar, pour tenter de s'emparer de Tripoli.