Mines d'or en Afrique du Sud: les grévistes refusent une proposition du patronat

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Les grévistes des mines d'or sud-africaines ont refusé jeudi une proposition du patronat, qui cherche à mettre un terme au conflit salarial qui affecte le secteur depuis plusieurs semaines.

"Nous avons proposé l'offre aux mineurs en grève, et ils ont dit +non+", a indiqué à l'AFP Kenneth Buda, le coordinateur du syndicat NUM, majoritaire dans les mines, ajoutant que patronat et syndicats se rencontreront à nouveau lundi ou mardi.

"Nous essayons toujours de leur parler", a poursuivi M. Buda, "et nous allons aussi retourner vers les employeurs, qui pourront peut-être rajouter quelque chose", a-t-il ajouté, notant que les grévistes campaient sur leur revendication de 12.500 rands mensuels (1.100 euros).

La Chambre des mines avait proposé mardi soir d'accorder une série de primes et promotions que le NUM avait accepté de soumettre pour ratification aux mineurs en grève.

Elle a confirmé l'échec provisoire de sa proposition dans un communiqué aux termes soigneusement choisis: "Les syndicats ont indiqué qu'ils avaient obtenu une réaction mitigée de leurs adhérents (...)".

"Il a été convenu qu'il fallait plus de temps pour en communiquer le contenu aux salariés", a ajouté la Chambre.

Elize Strydom, la négociatrice de la Chambre des mines, a confirmé que patronat et syndicat allaient à nouveau se rencontrer lundi matin.

Le patronat espère pouvoir entre-temps, avec l'aide du NUM, convaincre les grévistes de changer d'avis.

"Toutes les parties, y compris la direction, doivent aller voir (...) les employés pour bien faire passer la proposition de la Chambre", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Il s'agit selon elle de convaincre les grévistes d'accepter "exactement la même proposition mise sur la table mardi", qui sera explicitée aux mineurs "non seulement par les syndicats, mais aussi par la direction" des entreprises concernées.

La proposition patronale revient à passer les salaires de 7.000 à 10.000 rands (620 à 890 euros environ) selon le NUM.

Dans le détail, a expliqué la Chambre, les mineurs rémunérés au plus bas de l'échelle gagneraient 200 rands de plus avec un salaire d'entrée de grille porté à 5.000 Rands (442 euros).

Ce chiffre patronal n'inclut pas les bonus et autres éléments de rémunération, comme les allocations logement, maladie et retraite.

Les autres mineurs gagneraient eux 300 rands de plus par mois à 5.300 rands, sauf les foreurs, davantage augmentés avec une prime mensuelle de 400 rands.

"S'ajoute à cela une augmentation générale de salaire de 2% conditionnée à une reprise du travail" dont le patronat espérait qu'il puisse avoir lieu ce jeudi, a détaillé Mme Strydom.

Depuis septembre, plusieurs dizaines de milliers de mineurs d'or paralysent par une grève sauvage la production de ce métal précieux dont l'Afrique du Sud extraie 7% de la production mondiale.

Longtemps premier producteur mondial, l'Afrique du Sud est aujourd'hui au quatrième rang mondial (chiffres 2011) mais en passe d'être devancé par la Russie.

Les mineurs d'or ont lancé leur mouvement dans le sillage des grèves sauvages qui ont fait plus d'une cinquantaine de morts depuis août dans le bassin minier de Rustenburg (nord) d'où l'on extrait essentiellement du platine pour l'industrie automobile.

Bien que le groupe britannique Lonmin ait repris l'activité le 20 septembre, le conflit chez Amplats, filiale du géant anglo-sud-africain, Anglo American, s'éternise et a fait encore deux nouveaux morts jeudi.