Moines de Tibéhirine: Alger "n'a rien à cacher"

Par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a affirmé jeudi que l'Algérie n'avait "rien à cacher" sur l'assassinat en 1996 des sept moines français de Tibéhirine, à 90 km à l'ouest d'Alger, suite à la demande de commission rogatoire internationale adressée par des juges français.

"L'Algérie n'a rien à cacher, l'Algérie a des conventions de coopération judiciaire avec la France et elle a toujours coopérée sur ce dossier avec la France", a déclaré M. Ouyahia en marge de la cérémonie de clôture de la session d'automne de l'Assemblée populaire nationale (APN).

M. Ouyahia a indiqué, selon l'agence APS, que les ministères français et algérien de la Justice coopéraient sur ce dossier.

Les juges français enquêtant sur l'assassinat des moines du monastère de Tibéhirine veulent venir en Algérie pour autopsier les têtes des religieux mais aussi localiser et entendre une vingtaine de témoins susceptibles éclaircir les circonstances de leur enlèvement et de leur détention.

Dans une commission rogatoire internationale adressée aux autorités algériennes, les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux précisent vouloir faire exhumer et autopsier les têtes des moines à Tibéhirine avec deux médecins légistes, un expert en empreintes génétiques et un photographe de l'identité judiciaire, et les réinhumer immédiatement après.

Ils demandent également à entendre 22 témoins cités par des repentis du Groupe islamique armé (GIA) dans des auditions filmées en 2006 par les autorités algériennes et adressées à Jean-Louis Bruguière, premier magistrat français chargé de l'enquête, selon ce document consulté mercredi par l'AFP.

Les sept moines ont été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé situé près de Médéa.Le GIA de Djamel Zitouni avait revendiqué leur enlèvement et leur assassinat.

Leurs têtes avaient été retrouvées le 30 mai au bord d'une route de montagne mais leurs corps n'ont jamais été découverts.