Mozambique: deux hommes décapités à Pemba, les jihadistes soupçonnés

Par AFP

AFRICA RADIO

Deux hommes ont été retrouvés morts décapités dans Pemba, ville du nord du Mozambique, a-t-on appris samedi de sources concordantes, des crimes qui suggèrent l'implication d'islamistes radicaux qui sème la terreur dans la province.

Depuis deux ans et demi, un mystérieux groupe d'inspiration jihadiste multiplie les attaques contre les villageois et les forces de sécurité dans le nord du Cabo Delgado, une région à majorité musulmane riche d'immenses réserves de gaz.Ces violences ont fait plus de 700 morts, civils et militaires, et provoqué le déplacement d'au moins 100.000 personnes, selon les ONG et les Nations unies.Les corps des deux victimes ont été découverts dimanche 23 février dans une rue du quartier de Mieze, à Pemba."Les deux jeunes gens ont été tués par balle et décapités près de la prison où sont incarcérés les insurgés présumés", a indiqué sous couvert d'anonymat à l'AFP un habitant du quartier. "La façon dont ils ont été tués suggère qu'ils ont été victimes des +shabab+", a-t-il ajouté.Désignés comme des "criminels" par les autorités, les jihadistes sont dénommés "shabab" (les jeunes en arabe) par les populations locales.La police a confirmé la mort des deux hommes, sans livrer le moindre autre détail."Nous avons transporté les corps à la morgue. Nous travaillons à éclaircir le dossier", s'est borné à indiqué à l'AFP le porte-parole de la police provinciale, Augusto Guta.Selon une source policière, les deux victimes ont été abattues par les jihadistes pour avoir refusé de les rejoindre pour combattre dans le nord de la province."Nous avons été informés que les insurgés traquent les personnes à qui ils ont donné de l'argent pour participer à leurs opérations mais qui préfèrent s'enfuir", a expliqué cette source à l'AFP sous couvert de l'anonymat.Jusqu'à présent, les opérations de la guérilla s'étaient concentrées dans la moitié nord du Cabo Delgado. Jamais sa présence n'avait été signalée dans Pemba, la capitale située dans le sud de la province et qui compte 200.000 habitants."Nous avons peur", a dit à l'AFP un habitant de Cariaco, un quartier pauvre de la ville, "il y a des gens étranges dans le quartier, nous craignons à tout moment une attaque".Le gouvernement du président Filipe Nyusi a juré à de nombreuses reprises d'éliminer les "criminels" et a envoyé dans la région d'importants renforts, épaulés par des mercenaires de la société privée russe Wagner. Mais leurs efforts pour ramener l'ordre sont pour l'heure restés vains.