Niger: la pêche et la culture du poivron de nouveau autorisées

6 mars 2019 à 15h21 par AFP

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La pêche et la culture du poivron ainsi que leur commercialisation, interdites depuis quatre ans dans le sud-est du Niger car susceptibles de financer les activités de Boko Haram, sont de nouveau autorisées, a indiqué mercredi le gouvernement.

"Les mesures d'interdiction de la pêche, de la culture du poivron ainsi que leur commercialisation viennent toutes d'être levées dans la région de Diffa", en raison de l'amélioration de la situation sécuritaire, a déclaré à l'AFP un haut fonctionnaire du ministère nigérien de l'Intérieur."La population a besoin de s'épanouir et de se passer de (l'aide) l'humanitaire et tendre vers le développement", a justifié une source au gouvernorat de Diffa, proche du nord-est du Nigeria qui est le berceau de Boko Haram.La culture du poivron avait été partiellement levée en 2017, mais pas sa commercialisation. La région de Diffa peuplée de quelque 500.000 habitants, abrite depuis 2015 plus de 300.000 réfugiés et déplacés par les attaques de Boko Haram, dont des milliers vivent au milieu d'une population locale déjà très pauvre, selon l'ONU.Avant la crise provoquée par Boko Haram, la pêche et le poivron généraient jusqu'à 28 milliards FCFA (42,6 millions d'euros) à la région, "provenant en grande majorité des exportations vers le Nigeria", selon l'ONG Oxfam.Mais pour contenir les attaques incessantes et les infiltrations des insurgés nigérians, Niamey a décrété l'état d'urgence et un couvre-feu à Diffa. Les autorités ont évacué des zones près du lac Tchad, interdit le commerce du poisson et des poivrons, et fermé des marchés. Les ventes de carburant et d'engrais sont aussi soumises à des autorisations préalables. Les autorités de Diffa avaient expliqué que Boko Haram profitaient des marchés pour se ravitailler et percevait de lourdes taxes et impôts sur les exportations massives du poisson et du poivron vers le Nigeria pour "financer ses activités".Ces interdictions avaient totalement sinistré l'économie locale et appauvri considérablement la population, selon des ONG. Certains producteurs avaient déserté leurs champs de peur d'être tués par Boko Haram ou d'être soupçonnés d'être leurs complices par l'armée. "Les attaques spectaculaires de Boko Haram sont certes devenues rares", mais "pour des raisons de sécurité, il vaut mieux ne pas pêcher ou cultiver trop près de la frontière" nigériane où se trouvent pourtant les terres les plus fertiles, estime une source sécuritaire.