Nigeria: des victimes des inondations plongent dans la boue pour rechercher leurs biens

27 septembre 2010 à 15h53 par La rédaction

RINGIM (Nigeria) (AFP)

Rescapés des flots lachés de deux barrages qui ont provoqué de vastes inondations et deux millions de déplacés dans le nord du Nigeria, des familles fouillent les champs de boue pour retrouver quelques biens dans les restes de leurs maisons.

Des centaines de villageois de la localité de Yakasawa (Etat de Jigawa) ont commencé à rentrer chez eux, quittant les écoles où ils avaient trouvé refuge depuis six semaines.Alors que l'eau reflue, ils ont dit souhaiter que leurs enfants retournent au village pour la rentrée des classes.

Hadiza Kamaye, 30 ans, mère de quatre enfants, montre du doigt l'endroit où elle vivait, suivie par sa fillette totalement dénudée.

"C'est ma maison.C'est la seconde fois en dix ans que cela arrive.Je ne veux plus rester ici", dit-elle en creusant la glaise pour récupérer quelque chose d'intact.

D'après des responsables de l'Etat de Jigawa, des barrages se sont ouverts le mois dernier causant des inondations qui ont entraîné le déplacement de près de deux millions de personnes.

Ils ont vivement critiqué l'agence en charge des barrages, en affirmant que de tels évènements s'étaient déjà produits dans le passé.

L'agence a pour sa part démenti que ses barrages dans l'Etat voisin de Kano aient causé ce désastre, et affirmé que des pluies intenses étaient à blâmer.

En tout état de cause des villages entiers ont été balayés et deux personnes ont été tuées au début des inondations au Jigawa, selon un responsables de la Croix Rouge.

Dans l'Etat de Sokoto (nord-ouest), des chefs locaux ont indiqué à des membres d'ONG que près de 40 personnes avaient été tuées quant un barrage a éclaté au début du mois, mais ce chiffre n'a pu être confirmé.

Mme Kamaye, comme des dizaines d'autres résidents, a dû se réfugier chez des voisins dont les maisons ont échappé aux eaux déchaînées.

Au moins 25 mères de familles et des nuées d'enfants sont entassés dans neuf pièces.Leurs maris dorment au bord d'une autoroute car il n'y a pas assez de place pour eux.

Sa voisine, Binta Ousman, 60 ans, lève les mains au ciel en décrivant la façon dont les inondations ont frappé son village par une nuit d'août.

"Cela a commencé vers 5 heure du matin.Nous avons dressé des sacs de sable en nous disant que c'était la montée des eaux habituelle durant la saison des pluies, mais vers 11 heure du soir ce fut un jaillissement soudain qui inonda toute cette maison", a ajouté Mme Ousman.

Elle a expliqué qu'elle juste réussi a saisir quelques objets de valeur, mais que ses bêtes s'étaient noyées.

Les puits d'eau potable ont été contaminés et les responsables des secours craignent des épidémies dans la région septentrionale déjà ravagée par le choléra le mois dernier.

Ismaila Isagabarim, un responsable de la ville de Ringim, une des premières touchées par les flots quand les inondations ont frappé, souligne elle aussi qu'elles étaient survenues soudainement.

"Durant la nuit, les gens tentaient de dresser des barrages à l'aide de sacs de sable, mais cela n'a servi à rien", a-t-il dit.