Nigeria: une dizaine de morts dans deux attaques à Gombe

Par La rédaction

KANO (Nigeria) (AFP) - (AFP)

Des militants islamistes présumés ont attaqué un poste de police après avoir échoué à pénétrer dans une prison, à Gombe, dans le nord-est du Nigeria, tuant une dizaine de personnes, a indiqué la police samedi.

La ville a été mise sous surveillance, les habitants ne sont pas autorisés à sortir.Des témoins avaient indiqué auparavant à l'AFP qu'ils avaient compté 14 morts.

"Les hommes armés ont tenté de pénétrer dans la prison près du poste de police et comme ils ne parvenaient pas à rentrer, ils ont mis le feu au poste", a déclaré à l'AFP le chef de la police de l'Etat de Gombe, Gandhi Ebikeme Orubebe.

"Au moins 12 personnes ont été tuées dans l'attaque, dix d'entre elles étaient des civils et deux des policiers", a-t-il précisé.

Cette attaque n'a pas encore été revendiquée, mais le groupe Boko Haram a revendiqué l'attaque la semaine dernière de la prison de l'Etat de Kogi (centre) près de la capitale Abuja, libérant près de 119 prisonniers.

Boko Haram a lancé des attaques similaires au cours des derniers mois dans le nord et le centre du Nigeria, accroissant l'instabilité dans le pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d'Afrique.

Selon des habitants, le poste de police de Gombe a été entièrement brûlé vendredi soir dans l'attaque imputée au groupe Boko Haram qui visait également la prison de la ville située à proximité.Les assiégeants n'ont cependant pas réussi à envahir la prison.

"J'ai vu au moins 14 corps brûlés dans et autour du poste de police", a déclaré un journaliste local qui a demandé l'anonymat.

Il a dit avoir compté 10 corps dans le bâtiment, dont la plupart seraient des policiers, et quatre autres dans une voiture à l'extérieur.

"Il y avait une voiture détruite par le feu à un rond-point entre le poste de police et la prison, avec ses quatre occupants.On ne sait pas de qui il s'agit", a-t-il dit.

Un autre habitant, Babandi Ali, a ajouté que "le poste de police avait été rasé et qu'il y avait des corps calcinés à l'intérieur, mais je ne peux pas en confirmer le nombre".Il a aussi mentionné la présence des quatre morts dans la voiture.

Un gardien de la prison avait déclaré vendredi que des membres présumés de Boko Haram tentaient d'envahir la prison de Gombe, la capitale de l'Etat du même nom, apparemment pour y libérer des membres du groupe.

"Nous sommes assiégés.Un nombre important d'hommes armés ont encerclé la prison, en tirant et en activant des charges explosives.Il est clair qu'ils appartiennent à Boko Haram", a-t-il dit.

Un habitant, Ibrahim Yau, a dit avoir entendu des coups de feu et des explosions pendant environ une heure.

Samedi, un voisin a déclaré que "la prison était intacte".

D'autres violences se sont produites vendredi soir au Nigeria.Des hommes suspectés d'appartenir à Boko Haram ont abattu vendredi cinq fidèles en tirant des coups de feu contre une mosquée de Kano, la grande métropole du nord, ont indiqué la police et des témoins.

Le chef d'une milice locale financée par le gouvernement figure parmi les tués.

Kano avait été secouée le 20 janvier par une série d'attaques spectaculaires visant principalement des commissariats, qui ont fait au moins 185 morts.Boko Haram a revendiqué l'assaut et la sécurité a été renforcée dans la deuxième ville du Nigeria.

Boko Haram a longtemps concentré ses actions dans le nord-est, principalement à Maiduguri, son fief.Mais le groupe a élargi son champ d'opération en même temps que ses attaques sont devenues de plus en plus sophistiquées et meurtrières.

Les islamistes veulent restaurer le califat islamique et imposer la charia au Nigeria, et à ses 160 millions d'habitants, dont le nord déshérité est majoritairement musulman, et le sud, où se trouve le pétrole, est à dominante chrétienne.