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Nord du Cameroun: au moins 18 tués dans une attaque de Boko Haram (maire)

02 août 2020 à 20h25 Par AFP
Au moins 18 personnes ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche lors d'une attaque, attribuée aux jihadistes du groupe Boko Haram, contre un camp de personnes déplacées dans l'extrême-Nord du Cameroun, a annoncé à l'AFP un responsable local. "Il est évident que c'est Boko Haram qui est responsable" de cette attaque qui a tué "au moins 18 personnes", a affirmé dimanche Mahamat Chetima Abba, maire de la commune de Mayo-Moskota, où est situé le camp de Nguetchewe attaqué.Ce camp sert habituellement de "refuge" aux populations locales en cas d'attaques de Boko Haram, selon un responsable municipal ayant requis l'anonymat, mais des familles s'y sont installées de façon plus ou moins pérenne.Né dans le Nord-Est du Nigeria en 2009 le groupe Boko Haram a étendu ses actions autour du lac Tchad, vaste étendue marécageuse à la frontière entre le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger.Dans l'Extrême-Nord du Cameroun, une des régions les plus pauvres du pays, les Nations Unies ont décompté 52 attaques contre des civils au mois de juin.Mais les opérations de Boko Haram au Cameroun, qui visent habituellement à voler du bétail et des vivres, n'avaient pas fait autant de morts ces derniers mois."Il y avait un calme relatif depuis quelques semaines mais ils ont profité de leur connaissance du terrain pour contourner les points de surveillance et les positions des forces de sécurité. Ils nous ont surpris", a expliqué le maire, également chef traditionnel de la zone."J'ai compté 15 corps dont certains étaient démembrés, sur place et à la morgue de l'hôpital, où des blessés étaient évacués", a précisé un témoin de l'attaque qui a demandé à garder l'anonymat.Sept jours avant l'attaque, l'armée camerounaise avait annoncé avoir tué cinq combattants de Boko Haram.L'armée camerounaise et les autres pays limitrophes du lac Tchad luttent contre le groupe jihadiste au sein d'une Force multinationale mixte (FMM).Mais l'efficacité de cette organisation a notamment été critiquée par le président tchadien Idriss Déby Itno qui a lancé en mars une vaste opération pour chasser Boko Haram de son territoire.Après avoir tué au moins huit soldats tchadiens le 9 juillet, le groupe jihadiste a à nouveau frappé au Tchad vendredi, tuant au moins dix civils dans l'attaque d'un village.